Frise chronologique
710
Première mention du monastère *Prisco Siccino*
Première mention du monastère *Prisco Siccino*
710 (≈ 710)
Testament de l’évêque Béraire attribuant le site.
1080–1085
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1080–1085 (≈ 1083)
Agrandissement par les bénédictins de la Couture.
1150
Transfert du titre paroissial
Transfert du titre paroissial
1150 (≈ 1150)
L’église de la Trinité devient paroissiale de Laval.
1478
Visite de la dame de Poligné
Visite de la dame de Poligné
1478 (≈ 1478)
Office solennel chanté par les cordeliers.
1791
Tentative de vente nationale
Tentative de vente nationale
1791 (≈ 1791)
Opposition des marguilliers de la Trinité.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Acquise pour 1 805 livres par Julien Dupré.
1926
Inscription de la niche
Inscription de la niche
1926 (≈ 1926)
Protection partielle des monuments historiques.
1938
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1938 (≈ 1938)
Protection intégrale avec ses peintures murales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Niche abritant une Pietà provenant de la façade de la maison sise rue des Serruriers derrière la Porte Beucheresse : inscription par arrêté du 15 février 1926 ; Chapelle y compris les restes de peintures murales : classement par arrêté du 2 mars 1938
Personnages clés
| Béraire - Évêque (VIIIᵉ siècle) |
Mentionne *Prisco Siccino* en 710. |
| André Merienne - Bienfaiteur et donateur |
Sépulture et statue conservées dans la chapelle. |
| Michel I Lemesle - Sculpteur lavallois (XVIIᵉ siècle) |
Auteur présumé du retable du maître-autel. |
| Jeanne Auvré - Dame de Marboué (XVᵉ siècle) |
Possessrice des fiefs de Puisiers et Quanterie. |
| Julien Dupré - Acquéreur en 1794 |
Acheta la chapelle comme bien national. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Pritz, située à Laval sur la route de Changé, est un édifice principalement roman dont la construction s’échelonne du VIIIe au XIIe siècle. Elle est édifiée près d’un ancien gué sur la Mayenne et du ruisseau Pritz, son nom évoluant au fil des siècles (Prisco Siccino monasterio en 710, Notre-Dame de Priz en 1407). Une niche de sa façade est inscrite en 1926, et l’ensemble est classé en 1938. Propriété privée depuis sa vente en 1794 pour 1 805 livres, elle reste dans la même famille, préservant son patrimoine.
À l’origine, la chapelle est liée au monastère Prisco Siccino mentionné en 710 dans le testament de l’évêque Béraire, qui en disposait parmi d’autres biens ecclésiastiques. Entre les VIIIe et XIe siècles, les sources se font rares, mais l’église, déjà paroissiale, est rattachée à la jeune ville de Laval fondée vers 1020. Les bénédictins de la Couture y établissent un prieuré au XIIe siècle, agrandissant l’édifice (nef reconstruite entre 1080 et 1085) pour accueillir les fidèles. Jusqu’à la fin du XIIe siècle, elle reste l’église paroissiale de Laval, avant que ce titre ne soit transféré à l’église de la Trinité, plus centrale.
La chapelle devient alors un lieu de pèlerinage fréquenté, décoré de fresques (XIIe–XIIIe siècles) comme un calendrier des saisons ou des scènes de la Vierge. Elle abrite aussi des sépultures de bienfaiteurs, dont André Merienne, et des éléments mobiliers remarquables : retable du XVIIe siècle attribué à Michel Lemesle, statues (saint Christophe, saint Roch), et une clôture en bois de 1776. La Charité de Priz, institution caritative active du XIVe au XVIe siècle, y distribuait pains et aumônes le jour de l’Ascension, attirant les pauvres de la région.
Le prieuré, en commende à partir de la Renaissance, conserve son rayonnement spirituel. En 1791, la chapelle échappe de peu à la vente nationale grâce à l’opposition des marguilliers, avant d’être acquise en 1794. Ses fresques, partiellement effacées par l’effondrement de l’abside au XIVe siècle, révèlent encore des cycles apocalyptiques et des donateurs médiévaux. Le site, marqué par son gué et son cimetière mérovingien (dalles funéraires réemployées à l’entrée), illustre la continuité cultuelle et artistique de la Mayenne.
Le fief de Priz, domaine relevant de Puisiers en Ruillé-Froidfonds, comprend des terres et une justice seigneuriale. Ses possesseurs, comme la famille Hay ou les seigneurs de Parneau, y exercent des droits jusqu’à la Révolution. La chapelle, aujourd’hui propriété privée, témoigne ainsi de plus de mille ans d’histoire religieuse, sociale et artistique, des Mérovingiens aux temps modernes.