Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-de-Quelven
La chapelle Notre-Dame de Quelven, située à Guern dans le Morbihan, est un sanctuaire marial d’importance, reconstruit à la fin du XVe siècle pour accueillir les pèlerins. Son envergure monumentale s’explique par le pardon de l’Assomption, célébré chaque 15 août, qui attire des milliers de fidèles depuis le Moyen Âge. La chapelle, de style gothique flamboyant, est financée par les vicomtes de Rohan et les seigneurs de Rimaison, et sa construction s’échelonne entre 1476 et 1510, avec des ajouts ultérieurs comme le lambris de la nef en 1582.
La chapelle est classée Monument Historique dès 1840, et son clocher, haut de 72 mètres, s’effondre en 1837 avant d’être reconstruit entre 1841 et 1865. Le site inclut aussi une fontaine du XVIe siècle, réputée pour ses vertus curatives, et une Scala Sancta du XVIIIe siècle, utilisée pour les messes en plein air. Le pardon, autrefois l’un des plus fréquentés de Bretagne, mêle traditions religieuses et folkloriques, comme la descente de l’ange pyrophore et l’embrasement du tantad, un feu purificateur.
À l’intérieur, la chapelle abrite un mobilier exceptionnel, dont une Vierge ouvrante du XVe siècle, redécouverte en 1895, et un orgue baroque de 1710. Les vitraux, les statues (comme saint Georges terrassant le dragon) et les ex-voto, comme la maquette de vaisseau offerte en 1750, témoignent de sa richesse artistique. Les pierres en granite local, blanchies à la chaux, contrastent avec les boiseries sombres du chœur, créant une atmosphère solennelle.
La légende raconte que la Vierge Marie aurait choisi ce lieu en y lançant une boule depuis le ciel, expliquant son nom, Quelven, qui évoquerait une « colline sacrée » ou un « sanctuaire blanc » en breton. Le site, lié à des croyances populaires comme le mell benniget (maillet béni de l’Ankou), reste un haut lieu de dévotion, malgré une fréquentation en déclin depuis le XXIe siècle.
Architecturalement, la chapelle se distingue par sa façade méridionale aux pignons ouvragés, ses gargouilles fantastiques et son chevet à trois pans inspiré de l’école de Beaumanoir. Le clocher-porche, bien que reconstruit plus bas qu’à l’origine, domine toujours le paysage. Les éléments classés, comme la fontaine (1925) et la Scala Sancta (1929), soulignent son importance patrimoniale.
Aujourd’hui, le pardon de Quelven perpétue des rites uniques, comme la procession de la Vierge ouvrante et la bénédiction des tisons du tantad, porte-bonheur pour les pèlerins. Bien que moins fréquenté qu’autrefois, le site reste un symbole de la foi bretonne, mêlant histoire, art et traditions populaires.