Frise chronologique
15-16 octobre 1987
Tempête dévastatrice
Tempête dévastatrice
15-16 octobre 1987 (≈ 16)
Dégâts nécessitant des restaurations ultérieures.
1413
Mariage fondateur
Mariage fondateur
1413 (≈ 1413)
Isabeau de Quistinic épouse Guillaume de Kerguelen, unissant la seigneurie de Keranroc’h.
1449
Construction de la nef
Construction de la nef
1449 (≈ 1449)
Nef probablement achevée avant cette date.
1451-1472
Construction du chœur
Construction du chœur
1451-1472 (≈ 1462)
Période épiscopale de Jean de Lespervez, associée au chœur.
1495
Première attestation écrite
Première attestation écrite
1495 (≈ 1495)
Chapelle mentionnée comme construction seigneuriale.
1785
Réaménagement du cimetière
Réaménagement du cimetière
1785 (≈ 1785)
Modification de l’espace funéraire entourant la chapelle.
1868
Déplacement du clocher
Déplacement du clocher
1868 (≈ 1868)
Transféré en pignon ouest par Joseph Bigot.
1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1990 (≈ 1990)
Protection de la chapelle, du calvaire et de la fontaine.
2013-2017
Restauration majeure
Restauration majeure
2013-2017 (≈ 2015)
Réapparition des peintures murales du XVIe siècle.
2018
Restauration du calvaire
Restauration du calvaire
2018 (≈ 2018)
Travaux de conservation des statues et du socle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Quilinen, y compris les peintures murales, le calvaire voisin, le sol de la parcelle où sont situés ces deux édifices, ainsi que la fontaine Notre-Dame-de-Quilinen (cad. ZK 71 ; ZI 151) : classement par arrêté du 9 octobre 1990
Personnages clés
| Guillaume de Kerguelen - Seigneur et commanditaire présumé |
Époux d’Isabeau de Quistinic en 1413. |
| Guillaume II de Kerguelen - Seigneur bâtisseur |
Fils du précédent, marié en 1449 à Blanche de Launay. |
| Blanche de Launay - Héritière de Penanjeun |
Ses armes figurent dans la chapelle. |
| Jean de Lespervez - Évêque de Quimper (1451–1472) |
Associé à la construction du chœur. |
| Joseph Bigot - Architecte diocésain |
Déplace le clocher en 1868. |
| Antoine Le Bihan - Maître verrier quimpérois |
Crée les vitraux installés en 2017. |
| Yan’ Dargent - Peintre breton |
Représente le calvaire en 1893. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Quilinen, située dans le village éponyme sur la commune de Landrévarzec (Finistère), est un édifice religieux construit en deux phases au XVe siècle. Attestée dès 1495 comme construction seigneuriale, elle remplace probablement une chapelle antérieure, comme le suggèrent certaines pierres de réemploi. Son architecture mêle une nef lambrissée, un chœur voûté en pierre (rare en Bretagne) et un bas-côté nord. Les armes des ducs de Bretagne et de la famille de Rohan, ainsi que celles des Kerguelen (commanditaires présumés), ornent l’édifice, témoignant de protections nobles.
Le monument se distingue par son calvaire du XVIe siècle, érigé sur une base triangulaire formant une étoile de David et abritant 47 statues, dont une Pietà et des apôtres. Classé Monument Historique en 1990 avec la chapelle, le calvaire et la fontaine voisine, l’ensemble a subi des restaurations majeures entre 2013 et 2018, révélant des peintures murales du XVIe siècle (comme une Roue de Fortune) et des décors du XVIIe siècle. La chapelle, ancienne église tréviale, était entourée d’un cimetière réaménagé en 1785, et son clocher, initialement central, fut déplacé en 1868 par l’architecte Joseph Bigot.
L’étymologie du lieu reste débattue : une légende locale l’attribue à un chien (« Ki ar linen », « chien de la ligne »), tandis que Bernard Tanguy y voit une déformation de Celynin, saint gallois honoré en Bretagne. Les peintures murales, redécouvertes lors des restaurations, incluent des scènes religieuses et des motifs symboliques. Le mobilier comprend des statues de saints bretons (Guénolé, Yves, Roch) et une poutre de gloire. Le vitrail principal, installé en 2017, représente Notre-Dame de Quilinen, patronne des lieux.
La chapelle a bénéficié de la protection des ducs de Bretagne et de la famille de Rohan, comme en témoignent les macles (symboles héraldiques) et les écussons martelés sur la fontaine et le calvaire. Les dégâts causés par la tempête de 1987 ont accéléré les campagnes de restauration, permettant aussi la mise en valeur du lambris du bas-côté nord et des voûtes quadripartites du chœur. Aujourd’hui propriété communale, elle s’ouvre au public avec des visites guidées, mettant en lumière son rôle historique comme lieu de dévotion et de pouvoir seigneurial.
Le calvaire, décrit comme un « arbre de Jessé » par Charles Le Goffic, se singularise par sa structure ascensionnelle et ses traces de polychromie originale. La fontaine de dévotion, associée aux cultes mariaux, complète cet ensemble religieux breton, typique des trèves médiévales. Les travaux récents ont aussi confirmé l’hypothèse d’une construction en deux temps : la nef avant 1449, puis le chœur et le transept sous l’épiscopat de Jean de Lespervez (1451–1472).