Frise chronologique
778
Fondation légendaire par Charlemagne
Fondation légendaire par Charlemagne
778 (≈ 778)
Apparition mariale et victoire sur les Sarrasins
IXe siècle
Création de la viguerie de Sabarthès
Création de la viguerie de Sabarthès
IXe siècle (≈ 950)
Centre administratif carolingien en Haute-Ariège
1175
Première commanderie de l’ordre de Saint-Jean
Première commanderie de l’ordre de Saint-Jean
1175 (≈ 1175)
Début de la gestion hospitalière et religieuse
1224
Bulle du pape Honorius III
Bulle du pape Honorius III
1224 (≈ 1224)
Protection pontificale accordée à la chapelle
1568
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1568 (≈ 1568)
Saccage pendant les guerres de Religion
1624–1653
Reconstruction par l’abbé Rivière
Reconstruction par l’abbé Rivière
1624–1653 (≈ 1639)
Restauration après les guerres de Religion
1793–1795
Occupation révolutionnaire et rachat populaire
Occupation révolutionnaire et rachat populaire
1793–1795 (≈ 1794)
Transformée en caserne puis rachetée par 200 habitants
5 juin 1846
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 juin 1846 (≈ 1846)
Première protection patrimoniale en France
1865
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1865 (≈ 1865)
Inspirée par Viollet-le-Duc
1901
Campagne de restauration majeure
Campagne de restauration majeure
1901 (≈ 1901)
Vitraux de Louis Gesta et modification du chœur
7 juin 1954
Couronnement de la statue de la Vierge
Couronnement de la statue de la Vierge
7 juin 1954 (≈ 1954)
Cérémonie présidée par l’évêque de Pamiers
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Sabart : classement par arrêté du 5 juin 1846
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur carolingien (légende) |
Fondateur mythique après une apparition en 778 |
| Honorius III - Pape (1216–1227) |
Accorde une bulle de protection en 1224 |
| Abbé Martial Rivière - Curé et reconstructeur (1624–1653) |
Mène la restauration post-guerres de Religion |
| François-Étienne de Caulet - Évêque de Pamiers (1644–1680) |
Soutien la reconstruction et dote l’église d’un retable |
| Barthélémy Amilia - Prédicateur toulousain (XVIIe siècle) |
Responsable des chapelains réguliers dès 1653 |
| Louis Gesta - Maître-verrier toulousain (XIXe–XXe siècle) |
Auteur des vitraux installés en 1901 |
| Viollet-le-Duc - Architecte (inspiration) |
Modèle pour la façade restaurée en 1865 |
| Félix Guiller - Évêque de Pamiers (XXe siècle) |
Préside le couronnement de la Vierge en 1954 |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Sabart, située à Tarascon-sur-Ariège en Occitanie, trouve ses origines dans une légende attribuant sa fondation à Charlemagne en 778, après une apparition mariale et une victoire sur les Sarrasins. Le site, devenu au IXe siècle le centre administratif du Sabarthès (viguerie carolingienne), abrite une première chapelle mentionnée dès le XIIe siècle. Associée à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1175 et dotée d’une bulle papale en 1224, elle devient un lieu de pèlerinage marial, potentiellement lié à une source miraculeuse et à la route de Saint-Jacques-de-Compostelle.
L’édifice actuel, de plan basilical à trois nefs, est reconstruit après les destructions des guerres de Religion (saccage en 1568 par les protestants). L’abbé Martial Rivière mène sa restauration entre 1624 et 1653, ajoutant une maison de retraite pour le clergé. La Révolution transforme la chapelle en caserne puis écurie (1793–1794), avant son rachat par les habitants en 1795. Classée Monument Historique en 1846, elle est remaniée au XIXe siècle (façade inspirée de Viollet-le-Duc en 1865) et en 1901, où ses vitraux médiévaux (XIIIe siècle) et Renaissance sont restaurés ou remplacés par des œuvres de Louis Gesta.
Le culte marial, centré sur une statue de la Vierge datant de la Renaissance (couronnée en 1954), perdure avec un pèlerinage annuel le 8 septembre pour la Nativité de Marie. La chapelle conserve des éléments remarquables : deux vitraux du XIIIe siècle (les plus anciens du Midi français), une fresque du XVIIe siècle représentant le couronnement de la Vierge, et un retable en bois doré. Son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques de l’Ariège, des croisades albigeoises à la Révolution.
La légende de Charlemagne, évoquant la découverte d’une statue de bronze par des génisses blanches, reste associée au site. Le nom Sabart, d’origine gauloise (savartos, « terre inculte »), désigne une zone argileuse du piémont pyrénéen. Aujourd’hui, l’association SOS Sabart, soutenue par la Fondation du Patrimoine, œuvre pour sa préservation, menacée par l’usure du temps.
Les sources historiques (bulle d’Honorius III, archives épiscopales de Pamiers) confirment son rôle central dans le diocèse médiéval. Les destructions répétées (1568, 1582, Révolution) et reconstructions successives ont façonné son architecture actuelle, mêlant styles roman, gothique et classique. Les vitraux de Louis Gesta (1901) illustrent des épisodes clés : la victoire de Charlemagne, le martyre du prêtre Baron (1568), et la bulle pontificale de 1224.