Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame de Vassivière
La chapelle Notre-Dame de Vassivière, située à 8 km de Besse-et-Saint-Anastaise dans le Puy-de-Dôme, fut construite au XVIe siècle à une altitude de 1 297 mètres. Son nom, d’origine celtique ou liée à la transhumance, évoque un « temple de l’eau », en référence aux sources proches comme la Couze Pavin. Avant sa construction actuelle, un village, une paroisse et une église en ruines existaient déjà sur le site, avec une statuette de la Vierge vénérée sous un abri près d’une source, la Chapeloune.
En 1547, un miracle attribué à la statue de la Vierge — la guérison de la cécité du marchand Pierre Gef — relance la dévotion locale. La statue, transportée à l’église Saint-André de Besse, serait revenue miraculeusement à son emplacement d’origine à trois reprises. Ce phénomène pousse Catherine de Médicis, propriétaire des lieux, à autoriser la reconstruction de la chapelle entre 1550 et 1555, financée par les quêtes des prêtres de Besse. La chapelle est inaugurée le 6 juin 1555, marquant le début d’un pèlerinage majeur en Auvergne.
Au XVIIe siècle, Vassivière devient l’un des grands pèlerinages de France, avec un agrandissement de la chapelle en 1634 et la multiplication d’hostelleries alentour. La Révolution française interrompt ce rayonnement : la chapelle est transformée en grange à foin en 1804, et la statue originale est brûlée. Sauvée par Mlle Admirat, qui la restitue à la paroisse, la chapelle rouvre au culte en 1809 sous Napoléon. Le pèlerinage reprend son essor au XIXe siècle, avec des rassemblements massifs comme les 20 000 pèlerins de 1841 ou les 30 000 fidèles lors du couronnement de la statue en 1881.
Aujourd’hui, la chapelle abrite une copie de la vierge noire, déplacée annuellement entre Besse-et-Saint-Anastaise et Vassivière lors des cérémonies de la Montée (2 juillet) et de la Dévalade (dimanche suivant la Saint-Matthieu). Ces processions, accompagnées de feux d’artifice et de tirs de fusil, perpétuent une tradition liée à la source miraculeuse de la Chapeloune, réputée pour guérir les maladies oculaires depuis 1547. Classée monument historique en 1984, la chapelle reste un symbole de dévotion mariale et de patrimoine auvergnat.
L’architecture de la chapelle mêle des éléments gothiques (porte en plein cintre, moulures) et des ajouts du XVIIe siècle, comme le transept et les logements pour le clergé. La façade sud a conservé son aspect d’origine, tandis que la façade nord fut remaniée à la fin du XVIIe siècle. Le site, propriété d’une association, attire toujours des milliers de visiteurs, mêlant héritage religieux, légendes celtiques et histoire locale.