Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-de-Vérité
La chapelle Notre-Dame-de-Vérité, située au lieu-dit Kerbley (ou Nelhouët) à Caudan dans le Morbihan, date principalement du 4e quart du XVIe siècle. Son architecture combine une nef rectangulaire et un bas-côté nord ajouté au début du XVIIe siècle, avec une façade dissymétrique marquée par un pignon mi-gothique, mi-Renaissance. La porte sud, de style flamboyant tardif, arbore des motifs en accolade, des choux frisés et des pilastres inégaux. À l’extérieur, un banc de pierre longeait le mur pour accueillir les pèlerins, tandis qu’à l’intérieur, un jubé de 1612, orné de huit panneaux polychromes représentant les Apôtres et la Passion du Christ, a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. La chapelle abrite encore des statues remarquables, dont un Christ en croix, une Vierge à l’Enfant et un saint Corneli.
Associée à une fontaine de dévotion construite en 1765 à une centaine de mètres, la chapelle était un lieu de jugement divin médiéval, comme en témoigne l’ancienne roue de justice qui lui aurait valu son nom. La fontaine, surnommée fontaine de Kerblaye, était réputée pour guérir les fièvres des enfants. Chaque second dimanche de juillet, un pèlerinage s’y déroule, durant lequel on chante un cantique breton de trente-huit couplets célébrant les miracles attribués à Notre-Dame-de-Vérité. Le site, aussi appelé chapelle du Nelhouët (en breton an elhouët, « l’ange de la forêt »), tire ce surnom d’une gargouille représentant un ange aux ailes déployées.
Classée monument historique depuis le 20 mars 1934, la chapelle a subi plusieurs modifications architecturales : adjonction du bas-côté nord au XVIIe siècle, reconstruction partielle de la façade ouest, et ajout d’une sacristie au XIXe siècle. Le mur nord conserve des traces d’un ancien porche, visible sur le cadastre de 1818. La fontaine, datée de 1765, porte l’inscription NOTRE DAME DE VERITE MDCCLXV et reste entourée d’un enclos en pierre de taille. Aujourd’hui, la chapelle appartient partiellement à la commune et à des propriétaires privés, perpétuant son rôle spirituel et patrimonial en Bretagne.