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Chapelle Notre-Dame de Vilar à Villelongue-dels-Monts dans les Pyrénées-Orientales

Chapelle Notre-Dame de Vilar

    1 Camí del Vilar
    66740 Villelongue-dels-Monts
Propriété privée
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Chapelle Notre-Dame de Vilar
Crédit photo : Palauenc05 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1000
1100
1200
1800
1900
2000
Ier siècle av. J.-C.
Temple romain
1089
Première mention écrite
1142
Consécration par Udalgar Ier
Début XIIe siècle
Construction de la chapelle
1802
Vente du prieuré
1924
Démantèlement du cloître
1955
Classement des fresques
1983
Classement de la chapelle
1993
Rachat et restauration
2005
Installation des moines orthodoxes
2023
Hommage au capitaine Paul Berge
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle, y compris les fresques romanes de l'abside (cad. B 484) : classement par arrêté du 14 novembre 1983 ; Ruines du bâtiment des chanoines mitoyennes de la chapelle, ainsi que les vestiges de l'enceinte (cad. B 483) : inscription par arrêté du 14 novembre 1983

Personnages clés

Na Adalaiza et Arnau - Donateurs (1089) Cèdent un mas pour financer l’église.
Udalgar Ier de Castelnou - Évêque d’Elne (XIIe siècle) Consacre la chapelle en 1142.
Pierre Barraca - Dernier prieur (1802) Vend le prieuré et ses terres.
Paul Gouvert - Antiquaire (1924) Démonte et emporte le cloître.
Lucette Triadou - Restauratrice (1993) Rachète et sauve le site.
Père Timothée Lauran - Higoumène orthodoxe Ancien responsable de la communauté roumaine.
Capitaine Paul Berge - Soldat (1917) Héros de Roumanie commémoré en 2023.

Origine et histoire

Le prieuré Notre-Dame-du-Vilar, situé à Villelongue-dels-Monts dans les Pyrénées-Orientales, trouve ses origines au XIe siècle sous le nom de Sancta Marie de Vilari. Ce vilar (ferme ou hameau isolé) dépendait de Villelongue, situé au pied des Albères. Le site, occupé dès l’Antiquité comme en témoigne la découverte d’un temple romain du Ier siècle av. J.-C. lors de fouilles en 1998, devient un lieu de culte chrétien mentionné pour la première fois en 1089. À cette date, Na Adalaiza et son fils Arnau cèdent un mas au prieuré augustin de Sainte-Marie de Lladó, à condition que ses revenus reviennent à l’église Sainte-Marie du Vilar.

La chapelle actuelle, de style roman, est construite au début du XIIe siècle et consacrée en 1142 par l’évêque d’Elne Udalgar Ier de Castelnou. Elle adopte un plan en croix latine, avec une nef unique voûtée en berceau brisé, un transept à absidioles et une abside semi-circulaire ornée de fresques romanes. Le monastère, dirigé par des chanoines réguliers de saint Augustin, prospère jusqu’à la Révolution française, qui abolit ses revenus féodaux. En 1802, le dernier prieur, Pierre Barraca, vend le site, marquant le début d’un long déclin : abandon, démantèlement partiel (le cloître est transporté en région parisienne en 1924), et dégradation progressive.

Classée Monument Historique en 1955 (fresques) puis en 1983 (chapelle et ruines), la chapelle est sauvée en 1993 par Lucette Triadou, qui lance une restauration ambitieuse. Le cloître, racheté et rapatrié, est reconstitué in situ, malgré la disparition de deux chapiteaux. Depuis 2005, le prieuré abrite une communauté monacale orthodoxe roumaine, perpétuant sa vocation spirituelle. Le site accueille aussi un festival lyrique et médiéval depuis 1994, et rend hommage, depuis 2023, au capitaine Paul Berge, héros de la Première Guerre mondiale en Roumanie.

L’architecture de la chapelle reflète son histoire mouvementée : voûtes en berceau, abside en cul-de-four, et fresques du XIIe siècle représentant une fausse tenture, des apôtres et une mandorle entourée des symboles des Évangélistes. Les inscriptions funéraires fixées sur la façade et le clocheton à arcade plein cintre rappellent son passé médiéval. Aujourd’hui, le prieuré allie patrimoine roman, vie monastique orthodoxe et rayonnement culturel, tout en conservant les traces de ses transformations, des chanoines augustins aux moines roumains.

Le site est aussi marqué par des liens historiques inattendus, comme celui unissant le capitaine Paul Berge — natif de Perpignan — à la Roumanie, où il combattit en 1917. Une plaque commémorative rappelle son affrontement avec un jeune officier allemand, Erwin Rommel, futur Renard du désert, blessé pour la première fois lors de cet épisode. Ce détail illustre comment ce lieu modeste des Pyrénées-Orientales croisa, indirectement, des destins européens majeurs.

Liens externes