Frise chronologique
Fin de l'Antiquité (période gallo-romaine)
Fondation du premier sanctuaire
Fondation du premier sanctuaire
Fin de l'Antiquité (période gallo-romaine) (≈ 397)
Lieu de culte dédié à saint Ouen
1087
Don à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers
Don à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers
1087 (≈ 1087)
Par Jean de Beaugency, seigneur de La Flèche
XIe-XIIe siècles
Reconstruction de l'édifice
Reconstruction de l'édifice
XIe-XIIe siècles (≈ 1250)
Portail roman encore visible aujourd’hui
1644-1674
Restauration par les Jésuites
Restauration par les Jésuites
1644-1674 (≈ 1659)
Financée par Louis XIII, dédicace à Notre-Dame-des-Vertus
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Rachetée en 1794 par Mme Coquiny-Desprez
18 janvier 1934
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
18 janvier 1934 (≈ 1934)
Protection de l’édifice et de son mobilier
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame-des-Vertus : inscription par arrêté du 18 janvier 1934
Personnages clés
| Jean de Beaugency - Premier seigneur de La Flèche |
Donateur de l’église en 1087 |
| Louis XIII - Roi de France |
Financeur de la restauration (1644-1674) |
| Stanislas Tournesac - Architecte jésuite |
Dirige les restaurations du XIXe siècle |
| Antoine Lusson - Maître-verrier manceau |
Auteur des vitraux (1848) |
| Abbé Gourmenault-Desplantes - Curé de La Flèche |
Initiateur de la rétrocession (XIXe siècle) |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-des-Vertus, située à La Flèche dans la Sarthe, trouve ses origines à l’époque gallo-romaine, à un carrefour de voies romaines reliant Le Mans à Angers et Tours à Laval. Ce premier sanctuaire, dédié à saint Ouen, devint la première paroisse de la ville avant d’être reconstruit aux XIe et XIIe siècles sous l’impulsion de Jean de Beaugency, seigneur de La Flèche. Le portail roman à voussures, encore visible aujourd’hui, date de cette période.
Au XIVe siècle, l’édifice change de vocable pour devenir l’église Saint-Barthélemy, dépendante du prieuré de Saint-Thomas. Tombée en ruine au XVIIe siècle, elle est restaurée entre 1644 et 1674 par les Jésuites du Collège royal de La Flèche, avec le soutien financier de Louis XIII. Ces travaux transforment la chapelle en un lieu de pèlerinage dédié à Notre-Dame-des-Vertus, s’inspirant du sanctuaire d’Aubervilliers vénéré par le roi. Les Jésuites y installent une riche collection de statues, tableaux et éléments mobiliers à visée pédagogique, dans le contexte de la Contre-Réforme.
Pendant la Révolution française, la chapelle est vendue comme bien national en 1791, puis rachetée en 1794 par Mme Coquiny-Desprez, qui la rend au culte. Au XIXe siècle, l’abbé Gourmenault-Desplantes la rétrocède à la paroisse Saint-Thomas, déclenchant une nouvelle campagne de restauration dirigée par l’architecte jésuite Stanislas Tournesac. Les vitraux, détruits en 1944 lors de bombardements alliés, sont restaurés après la Libération. En 1934, la chapelle est inscrite aux monuments historiques, préservant son patrimoine architectural et mobilier, dont des boiseries classées dès 1906.
L’édifice, de plan simple avec une nef unique et un chœur à chevet plat, conserve des éléments romans (portail du XIIe siècle), des ajouts du XVIIe siècle (chapelles latérales, sacristie) et un décor intérieur riche. La voûte lambrissée, ornée de litanies mariales et de motifs végétaux, ainsi que les vitraux d’Antoine Lusson (1848) illustrent son héritage artistique. La chapelle abrite aussi des statues en terre cuite des XVIIe et XVIIIe siècles, dont une Vierge à l’Enfant transférée en 1762 après l’expulsion des Jésuites.
Aujourd’hui, la chapelle Notre-Dame-des-Vertus reste un lieu de culte et de visite, ouvert quotidiennement. Son histoire reflète les évolutions religieuses et architecturales de La Flèche, des origines gallo-romaines aux restaurations modernes, en passant par l’influence déterminante des Jésuites et des commanditaires locaux comme Louis XIII.