Frise chronologique
XIIIe siècle (1ère moitié)
Origine du premier édifice
Origine du premier édifice
XIIIe siècle (1ère moitié) (≈ 1350)
Pierres gravées réemployées ultérieurement.
1475
Fondation de la Confrérie Saint-Vincent
Fondation de la Confrérie Saint-Vincent
1475 (≈ 1475)
Lié aux traditions viticoles locales.
1492
Première mention comme Notre-Dame-d’Entre-les-Vignes
Première mention comme Notre-Dame-d’Entre-les-Vignes
1492 (≈ 1492)
Après reconstruction du XVe siècle.
1508
Construction du chœur
Construction du chœur
1508 (≈ 1508)
Par André Colombet.
1514
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher
1514 (≈ 1514)
Par Claude Thénot.
XVIIe siècle (2e moitié)
Installation des dominicains
Installation des dominicains
XVIIe siècle (2e moitié) (≈ 1750)
Construction du couvent adjacent.
1753
Inondation endommageant la nef
Inondation endommageant la nef
1753 (≈ 1753)
Charpente détruite puis réparée.
1777-1778
Restauration majeure
Restauration majeure
1777-1778 (≈ 1778)
Fausse voûte, clocher, porche refait.
1975
Retour des dominicaines
Retour des dominicaines
1975 (≈ 1975)
Communauté actuelle dans le couvent.
23 août 1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 août 1990 (≈ 1990)
Chapelle et son ermitage protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame-des-Vignes et son ermitage (cad. E 243) : classement par arrêté du 23 août 1990
Personnages clés
| André Colombet - Constructeur du chœur |
Travaux achevés en 1508. |
| Claude Thénot - Maître d’œuvre du clocher |
Originaire de Valréas, actif en 1514. |
| Antoine de Piolenc - Consul de Visan |
Vœu contre la peste en 1629. |
| Pierre François Xavier de Reboul de Lambert - Évêque de Saint-Paul-les-Trois-Châteaux |
Confirma le rôle des rectoresses en 1764. |
| Augustin Geoffroy et Jean-Pierre Pellissier - Maçons-plâtriers |
Restauration de 1777-1778. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-des-Vignes de Visan, située dans l’enclave des papes, trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que sa reconstruction majeure date du 3e quart du XVe siècle. D’abord nommée Notre-Dame-d’Entre-les-Vignes, elle fut administrée par des rectoresses (dames de la paroisse) dès le milieu du XVe siècle, une particularité rare pour l’époque. Ces femmes, au nombre de deux, géraient les finances et l’entretien du lieu jusqu’à la Révolution, sous le contrôle du curé et des consuls locaux. Des pierres gravées réemployées dans les murs extérieurs, datées du XIIIe siècle, témoignent du premier édifice.
En 1492, la chapelle est citée pour la première fois sous son nom actuel après une reconstruction. Au XVIIe siècle, les dominicains s’y installent et y bâtissent un couvent adjacent, toujours occupé aujourd’hui par une communauté de dominicaines depuis 1975. Le chœur, construit en 1508 par André Colombet, et le clocher (achevé en 1514) illustrent son évolution architecturale. La nef, endommagée par une inondation en 1753, fut restaurée en 1777-1778 avec une fausse voûte et un porche refait au XXe siècle.
Lieu de pèlerinage viticole, la chapelle abrite depuis le XVe siècle la Confrérie Saint-Vincent de Visan, qui y bénit annuellement une souche de vigne (la souco) lors de son chapitre estival, perpétuant un rituel lié aux vendanges. Classée Monument Historique en 1990, elle conserve des éléments romans, gothiques et baroques, ainsi qu’une inscription latine sur son arc triomphal : « Posuerunt me custodem in vineis » (« Ils m’ont placée comme gardienne de leurs vignes »).
La chapelle fut aussi un refuge pendant les épidémies : en 1629, Antoine de Piolenc, consul de Visan, y fit un vœu pour protéger la ville de la peste. Son rôle social et religieux, mêlant traditions chrétiennes et coutumes viticoles, en fait un symbole du patrimoine provençal.
Les rectoresses, choisies chaque année par le curé et leurs prédécesseures, avaient un pouvoir financier limité (30 sols maximum sans aval supplémentaire). Leur gestion était validée annuellement par les consuls et le clergé. La confrérie, fondée en 1475, organisa jusqu’à la Révolution une procession à la chapelle Saint-Vincent (aujourd’hui disparue), avant de transférer ses rites à Notre-Dame-des-Vignes après 1978.
Architecturalement, la chapelle allie une nef voûtée en berceau, un chœur ogival, et un logis attenant. Son cadran solaire (ajouté en 1876) et son porche reconstruit en 1911-1927 complètent son histoire matérielle. Propriété communale, elle reste un lieu vivant, mêlant mémoire médiévale et pratiques contemporaines.