Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame du Guelhouit
La chapelle Notre-Dame du Guelhouit, située au lieu-dit Talroch à Melrand (Morbihan), est édifiée en 1683 à l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, grâce à des indulgences papales accordées en 1671 par Clément XIV à la confrérie de Saint-Isidore. Dédiée à Notre-Dame et à saint Isidore, patron des laboureurs, elle illustre l’essor du culte isidorien en Bretagne au XVIIe siècle. Son architecture combine un plan allongé polygonal, rare en région, et un toit à versants brisés inspiré des mansardes, surmonté d’un clocheton à double étage. À l’intérieur, un lambris peint du XVIIIe siècle, restauré en 1840, relate en 24 tableaux les miracles de saint Isidore, tandis qu’un retable du XVIIe siècle représente le saint en bragou-braz, assisté par des anges dans les champs.
Au XVIIIe siècle, une sacristie à étage est ajoutée à l’est, prolongeant le chevet. La chapelle, devenue un lieu de pèlerinage majeur, voit sa fréquentation croître au XIXe siècle, nécessitant l’aménagement en 1885 d’un sanctuaire de plein air, la Scala Santa, conçu par l’architecte Lucien Douillard. Cet ensemble dévotionnel, unique en Bretagne, intègre deux fontaines et un oratoire en terrasses, inspiré des pratiques romaines. La chapelle, son scala santa et le calvaire Saint-Isidore (1821) sont classés Monuments Historiques en 2003, témoignant de leur valeur patrimoniale.
Le toponyme Guelhouit, d’étymologie discutée, pourrait signifier « Toute-Puissance » ou dériver du breton Kel er hoed (« hameau boisé »). La chapelle, construite en granite, allie stabilité technique (mur de soutènement pour la pente) et richesse iconographique, avec des statues de la Vierge et de saint Isidore encadrant le retable. En 2013, elle subit un acte de vandalisme (incendie partiel, destruction de statues), dans un contexte de dégradations ciblant le patrimoine religieux du pays de Pontivy. Aujourd’hui, elle reste un exemple représentatif des pratiques dévotionnelles bretonnes, mêlant culte marial et vénération des saints ruraux.
L’ensemble cultuel du Guelhouit se compose de la chapelle, de la scala santa (avec ses deux fontaines dédiées à la Vierge et à saint Isidore), et de la croix de Saint-Isidore sur le chemin de procession. Son plan à double abside, unique en Bretagne, et son mobilier d’origine (sans remaniement) en font un témoignage intact de l’art religieux des XVIIe et XIXe siècles. La sacristie date du IIe quart du XVIIIe siècle, tandis que le calvaire est érigé en 1821. La popularité des pardons, célébrés en l’honneur de Marie et de saint Isidore, a motivé l’extension du site au XIXe siècle pour accueillir les pèlerins.