Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-du-Mûrier
La chapelle Notre-Dame-du-Mûrier est une chapelle catholique en ruines située à Batz-sur-Mer, dans le département de la Loire-Atlantique. Son nom, souvent associé à une légende locale évoquant un naufragé guidé par une statue de la Vierge dans un mûrier, dérive en réalité du latin muria (saumure ou marais salant), reflétant l’importance économique des salines dans la région. L’édifice, de style gothique flamboyant, fut reconstruit au milieu du XVe siècle après qu’une épidémie de peste eut ravagé la Bretagne, poussant les habitants à faire vœu de le réédifier en échange de leur protection.
La construction de la chapelle fut financée grâce à des indulgences accordées par le pape Eugène IV en 1442, à la demande du duc de Bretagne Jean V. Les ressources locales, bien que boostées par le commerce florissant du sel, s’avérèrent insuffisantes, nécessitant ces aides extérieures. L’édifice, achevé en 1496, se distingue par son plan original à trois vaisseaux, séparés par des colonnes et divisés en deux parties égales par des arcs-diaphragmes. Il ne fut jamais voûté, mais couvert d’une charpente lambrissée, et présentait un éclairage innovant grâce à deux rangs de lucarnes passantes, une rareté architecturale.
La chapelle fut un lieu de pèlerinage majeur pour les habitants de la presqu’île guérandaise, liée à la dévotion mariale et à la prospérité locale tirée des marais salants. Son architecture, marquée par des influences bretonnes méridionales (notamment de Quimper et Vannes), reflète aussi le rôle de Jean de Kerguz, moine bénédictin de Landévennec et prieur de Batz, dans la qualité de sa construction. Malgré son achèvement en 1478, permettant culte et inhumations, la chapelle subit des dégradations mineures aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme la réparation de vitraux ou le murage partiel de la maîtresse-vitre.
La Révolution française transforma la chapelle en salle du conseil municipal, avant qu’elle ne soit rendue au culte après le Concordat, sans pour autant retrouver sa fonction initiale. En 1819, un ouragan arracha sa toiture, laissant l’édifice à l’état de ruines. Classée monument historique dès 1862, elle fit l’objet de projets de restauration au XXe siècle, notamment par l’architecte Charles Chaussepied en 1893, mais ceux-ci ne furent que partiellement réalisés (travaux de conservation en 1902 et 1933). Aujourd’hui, ses vestiges témoignent d’un patrimoine architectural et religieux remarquable, lié à l’histoire maritime et salicole de la région.
L’origine de la chapelle remonte à une dédicace associée à une statue de la Vierge découverte dans un mûrier, selon une tradition orale. Le duc Jean V, dans une supplique au pape en 1442, soulignait déjà la dévotion locale pour ce sanctuaire ruiné, justifiant sa reconstruction. Le chantier, contemporain de celui de l’église Saint-Guénolé voisine (1460-1470), bénéficia de la prospérité économique de la presqu’île, tirée du sel. En 1496, un bref pontifical accorda cent jours d’indulgence aux donateurs contribuant à sa réparation, marquant son importance persistante.
L’architecture extérieure de la chapelle, en grand appareil de granite, présente une façade occidentale rythmée par des contreforts et un portail monumental à accolades et gâble fleuronné. Un clocher-mur sommait le pignon, tandis qu’une tour d’escalier circulaire, coiffée d’une flèche octogonale, occupait l’angle sud-ouest. Les élévations latérales, soignées, incluaient des portes à accolades et des lucarnes passantes, dont certaines conservent encore leur remplage flamboyant. Le chevet plat, encadré de contreforts, laisse deviner les traces d’une baie murée, divisée autrefois en lancettes. Malgré son état actuel, la chapelle reste un exemple homogène et précoce de l’usage des arcs à pénétration en Bretagne méridionale.