Fondation initiale XIe siècle (≈ 1150)
Construction de la chapelle sur l'ordre du comte Baudouin ou de Robert le Magnifique.
XIIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure XIIIe siècle (≈ 1350)
La chapelle est reconstruite et intégrée au prieuré de Bourg-Baudouin.
1615
Démolition de la forteresse
Démolition de la forteresse 1615 (≈ 1615)
Les habitants de Fécamp obtiennent la démolition de la forteresse construite pendant les guerres de Religion.
1792
Sauvegarde révolutionnaire
Sauvegarde révolutionnaire 1792 (≈ 1792)
La chapelle est conservée grâce à un décret de l'Assemblée nationale.
1800
Dégâts de l'ouragan
Dégâts de l'ouragan 1800 (≈ 1800)
La nef est définitivement endommagée par un ouragan, laissant la chapelle à ciel ouvert.
XIXe siècle
Renaissance du pèlerinage
Renaissance du pèlerinage XIXe siècle (≈ 1865)
La chapelle retrouve sa vocation de lieu de pèlerinage pour les marins et pêcheurs.
1942
Destruction du clocher
Destruction du clocher 1942 (≈ 1942)
Le clocher est détruit lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
1948
Statue de Marie
Statue de Marie 1948 (≈ 1948)
Le sculpteur Jacques Touzet exécute une statue en pierre blanche représentant Marie tenant un trois-mâts.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame-du-Salut : inscription par arrêté du 15 janvier 1929
Personnages clés
Baudouin
Compagnon de Rollon, aurait ordonné la construction de la chapelle.
Robert le Magnifique
Aurait ordonné la construction de la chapelle après avoir été sauvé d'un naufrage.
Jacques Touzet
Sculpteur ayant réalisé une statue de Marie en 1948.
Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-du-Salut
La chapelle Notre‑Dame‑du‑Salut se situe à Fécamp, dans le département de la Seine‑Maritime. Elle aurait été fondée au XIe siècle et deux traditions expliquent son origine : selon la première, elle aurait été érigée sur l’ordre du comte Baudouin, compagnon de Rollon, dans les dépendances du fief accordé par le duc de Normandie au lieu‑dit Burgus, qui devint ensuite le Bourg Baudouin et donna à la chapelle son premier nom, Notre‑Dame de Baudouin du Bourg. La seconde tradition rapporte qu’en 1035 Robert le Magnifique, sauvé d’un naufrage, fit le vœu de faire bâtir trois chapelles, aboutissant à la création à Fécamp de Notre‑Dame de Salut, à Honfleur de Notre‑Dame de Grâce et à Caen de Notre‑Dame de la Délivrance. Reconstruite au XIIIe siècle, la chapelle fut intégrée au prieuré de Bourg‑Baudouin et dépendait de l’abbaye de la Sainte‑Trinité de Fécamp ; elle accueillait des pèlerins venus du nord de la France, attirés par le culte du Précieux Sang conservé dans l’abbaye. Lors des guerres de Religion, le site fut fortifié ; les habitants de Fécamp, inquiets, obtinrent en 1615 la démolition de cette forteresse. La chapelle échappa ensuite à la destruction pendant la Révolution française grâce à un décret de l’Assemblée nationale du 6 août 1792 qui justifia sa conservation par son utilité pour les navigateurs. Au XIXe siècle, Notre‑Dame de Salut retrouva sa vocation de lieu de pèlerinage pour les marins et pêcheurs de Fécamp, qui s’y rendaient avant et après leurs campagnes à Terre‑Neuve par la « sente aux matelots », et célébraient en mars la Marchèque, fête populaire du Pays de Caux consacrée à l’Annonciation. Le bâtiment a subi de nombreux dégâts : la nef, fragilisée au XVIIIe siècle, fut définitivement endommagée par un ouragan en 1800, laissant la chapelle à ciel ouvert ; lors de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements de 1942 détruisirent le clocher, qui fut reconstruit et couronné d’une statue dorée de la Vierge à l’Enfant offerte en 1902 par un armateur. L’intérieur conserve de nombreux ex‑voto marins — tableaux, objets et témoignages de naufragés — en hommage à la Vierge protectrice, et en 1948 le sculpteur Jacques Touzet exécuta une statue en pierre blanche représentant Marie tenant symboliquement un trois‑mâts. Aujourd’hui encore, la chapelle reste un haut lieu de recueillement où fidèles, visiteurs et descendants de marins allument des cierges et déposent des fleurs ; sa modestie et son enracinement dans la mémoire maritime locale ont été évoqués par Maupassant qui l’a perçue comme une « vieille chapelle toute grise » veillant sur le port de Fécamp.