Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-du-Salut
La chapelle Notre-Dame-du-Salut de Fécamp, située sur la Côte de la Vierge, trouve ses origines au XIe siècle, selon deux traditions distinctes. La première attribue sa fondation au comte Baldwin, compagnon de Rollon, qui l’aurait construite dans le fief du Burgus, donnant son nom initial : Notre-Dame de Baudouin du Bourg. La seconde version raconte qu’en 1035, Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant, promettait trois chapelles après un sauvetage en mer, dont celle de Fécamp, alors nommée Notre-Dame de Salut. Reconstruite au XIIIe siècle, elle dépendait du prieuré de Bourg-Baudouin et de l’abbaye de la Sainte-Trinité, attirant des pèlerins pour le culte du Précieux Sang.
Pendant les guerres de Religion, la chapelle fut fortifiée, provoquant des tensions avec les habitants de Fécamp. Ceux-ci obtinrent sa démolition partielle en 1615, craignant une menace militaire. Épargnée par la Révolution grâce à un décret de 1792 justifiant son utilité pour les navigateurs, elle perdit cependant sa nef après un ouragan en 1800. Au XIXe siècle, elle devint un lieu de dévotion pour les marins-pêcheurs partant à Terre-Neuve, avec des processions comme la Marchèque, mêlant traditions religieuses et locales.
Le XXe siècle marqua la chapelle par des destructions et des restaurations. En 1942, son clocher, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, fut reconstruit et orné d’une statue dorée de la Vierge à l’Enfant, offerte en 1902 par un armateur. En 1948, une statue en pierre blanche de Jacques Touzet, représentant Marie tenant un trois-mâts, y fut installée. En 2018, la tempête Egon endommagea gravement la toiture et la voûte, entraînant une fermeture prolongée. Les travaux, estimés à 2,5 millions d’euros, doivent débuter en 2027, soutenus par une souscription publique.
Aujourd’hui, la chapelle reste un symbole de la mémoire maritime fécampaise. Elle abrite des ex-voto offerts par des marins rescapés et attire fidèles et visiteurs, perpétuant un culte séculaire à la Vierge protectrice. Guy de Maupassant l’évoquait comme une « vieille chapelle toute grise » veillant sur le port, soulignant son ancrage dans le paysage et les cœurs locaux.