Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame
La chapelle Notre-Dame de Rocamadour, aussi appelée chapelle Miraculeuse ou de la Vierge, est l’un des cœurs spirituels de la Cité religieuse de Rocamadour, classée monument historique en 2000. Elle abrite une Vierge noire du XIIIe siècle, objet de vénération depuis près de mille ans par des pèlerins venus du monde entier. Adossée à la falaise et mitoyenne de la basilique Saint-Sauveur, elle symbolise l’un des sites majeurs du christianisme médiéval, mentionné dès 1105 dans une bulle du pape Pascal II.
La chapelle primitive, attestée au début du XIIe siècle, mesurait environ 8 x 9 mètres et était séparée de l’église Saint-Sauveur par une ruelle. Détruite en 1476 par un éboulement, elle fut reconstruite en 1479 par Denis de Bar, évêque de Tulle, avant d’être saccagée pendant les guerres de Religion et la Révolution. Entre 1863 et 1864, l’abbé Chevalt la reconstruit et l’agrandit, tandis qu’une restauration globale du sanctuaire est entreprise à partir de 1842 par les évêques de Cahors.
L’édifice actuel, de style gothique flamboyant, se distingue par sa porte sud ornée des armes de Denis de Bar et de son successeur, Clément de Brillac. À l’intérieur, un retable du XIXe siècle par l’orfèvre Poussièlque Rusan encadre la statue-reliquaire de la Vierge noire, restaurée après 1945 et en 2003. La chapelle conserve aussi une cloche « miraculeuse » forgée avant le IXe siècle, réputée sonner seule lors de sauvetages en mer, ainsi que des ex-voto maritimes des XVIIIe et XIXe siècles.
Les peintures murales, comme Le Dit des trois morts et des trois vifs (XVe siècle) ou L’Annonciation et La Visitation (XIIe siècle), témoignent de la richesse artistique du lieu. Les vitraux, dont l’un signé Étienne Thevenot (1844), complètent ce patrimoine. Le pèlerinage, après un déclin à la Révolution, renaît au XIXe siècle grâce aux restaurations et à la dévotion persistante envers la Vierge noire, symbole de protection pour les marins et les fidèles.
La chapelle s’inscrit dans un ensemble architectural cohérent, avec sa voûte sur croisée d’ogives et son toit de tuiles plates. Son mobilier, comme la table d’autel médiévale ou les maquettes de bateaux suspendues, illustre son rôle à la fois religieux et mémoriel. Aujourd’hui, elle reste un lieu de recueillement et de patrimoine, attirant visiteurs et croyants dans ce site emblématique du Lot et de l’Occitanie.