Origine et histoire de la Chapelle Royale
La chapelle royale Saint-Louis de Dreux, située dans l’enceinte du château de Dreux en Eure-et-Loir, est la nécropole de la famille d’Orléans. À l’origine, elle était la collégiale Saint-Étienne, rattachée au château depuis 1023. En 1775, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, y transfère les dépouilles de sa famille depuis Rambouillet, faisant de ce lieu une sépulture familiale. Pendant la Révolution, les tombes sont profanées et les corps jetés dans une fosse commune.
En 1816, Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d’Orléans, rachète le terrain et y fait construire une chapelle néo-classique par l’architecte Claude-Philippe Cramail, sur l’emplacement de la fosse. Son fils, Louis-Philippe Ier, roi des Français, agrandit la chapelle dans un style néo-gothique à partir de 1839, sous la direction de Pierre-Bernard Lefranc. La chapelle devient alors le « Saint-Denis des Orléans », abritant les sépultures de la dynastie, enrichie de sculptures et de vitraux signés Ingres, Delacroix et Viollet-le-Duc.
La chapelle abrite également un orgue de Cavaillé-Coll (1845) et des vitraux de la manufacture de Sèvres, dont certains dessinés par Ingres. Endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est aujourd’hui gérée par la Fondation Saint-Louis, créée en 1974. Elle reste un lieu de mémoire active pour la famille d’Orléans, accueillant encore des cérémonies comme les obsèques d’Henri d’Orléans en 2019.
Sous la chapelle, trois niveaux de cryptes et caveaux abritent les dépouilles des Orléans, des Bourbon-Penthièvre et des reliques, comme le cœur du Régent Philippe d’Orléans. La crypte circulaire, réaménagée au XXe siècle, accueille les sépultures les plus récentes. Deux cénotaphes, ceux des frères de Louis-Philippe Ier, y ont été transférés en 1986 depuis Versailles.
Classée monument historique en 1977, la chapelle illustre l’histoire mouvementée de la maison d’Orléans, entre exil, restauration monarchique et patrimoine funéraire. Son architecture mêle héritage médiéval (remparts du XIVe siècle), néo-classicisme et néo-gothique, reflétant les évolutions stylistiques et politiques de la France des XVIIIe et XIXe siècles.