Origine et histoire de la Chapelle Saint-Adrien
La chapelle Saint-Adrien, située dans le Morbihan à Saint-Barthélemy, est un édifice religieux du XVe siècle construit par la famille de Rohan, dont les armes ornent le chevet et la porte sud. Son plan en croix latine, avec un chevet plat enterré à 1,50 m, s’adapte au terrain dénivelé, intégrant une sacristie en appentis et des éléments défensifs comme des contreforts talutés. À l’intérieur, un jubé sculpté représente le Christ entouré des apôtres vêtus en chevaliers templiers, suggérant un lien ancien avec cet ordre. Deux fontaines de dévotion, dont une dans le chœur, et des menhirs proches témoignent d’un site chrétianisé sur un ancien lieu de culte païen lié à l’eau.
Classée monument historique en 1932, la chapelle conserve des sablières des années 1480, similaires à celles de Notre-Dame de Quelven, et des traces d’interventions ultérieures, comme la date de 1565 gravée à l’intérieur, associée aux armes des Rimaison. Les vitraux, partiellement disparus (maîtresse-vitre et scènes de la Passion déposées en 1937), ainsi qu’un retable majeur retiré au XXe siècle, révèlent une riche décoration passée. L’édifice, couvert de lambris de couvrement masqués par une voûte en plâtre au XIXe siècle, a été restauré dans les années 1970 pour retrouver ses éléments médiévaux.
Le site, autrefois lieu de pèlerinage fréquenté, combine des éléments architecturaux défensifs (pinacles à crochets, clocheton en charpente) et symboliques (fontaines, croix). Les Rohan, seigneurs de Baud, y ont apposé leur emblème pour affirmer leur pouvoir, tandis que les Templiers, évoqués par les costumes des apôtres sculptés, pourraient avoir possédé la chapelle avant sa reconstruction. Les deux menhirs voisins et la fontaine extérieure, surmontée d’une croix, soulignent la continuité sacrée du lieu, des origines païennes à sa christianisation.
Au XXe siècle, des modifications ont altéré certains éléments, comme le bouchage partiel de la baie de la maîtresse-vitre ou le remplacement du meneau sud en 1937. Malgré ces transformations, la chapelle reste un exemple remarquable d’architecture religieuse bretonne, mêlant héritage médiéval, symbolisme templier et adaptations postérieures. Son classement et sa protection en font un patrimoine incontournable du Morbihan, illustrant l’évolution des pratiques dévotionnelles et seigneuriales en Bretagne.