Origine et histoire de la Chapelle Saint-Cado
La chapelle Saint-Cado, située sur l’île éponyme dans la rivière d’Étel à Belz (Morbihan), trouve ses origines au VIe siècle, attribuées par la tradition à saint Cado, un moine gallois. Après les invasions normandes, le monastère est rétabli au XIe siècle, comme en témoignent des chartes de dotation (1009, 1058–1084). En 1089, le duc Alain Fergent rattache l’établissement à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, qui en conserve les bénéfices jusqu’à la Révolution. L’édifice actuel, de style roman, date principalement du XIIe siècle, avec une nef à trois travées, une abside semi-circulaire, et des chapiteaux sculptés de motifs végétaux et géométriques.
Au XVIe siècle, la façade ouest est remaniée avec l’ajout d’une porte en anse de panier et une accolade sculptée. Les archives révèlent qu’à partir du XVIIe siècle, plus aucun moine n’occupe les lieux : un prêtre résidant dans la Maison du Saint organise désormais le pèlerinage. Pendant la Révolution, la chapelle est vendue comme bien national à Vincent Lorho, qui la restitue intacte à la paroisse. Au XIXe siècle, des agrandissements sont réalisés (sacristie au nord-est, chapelle sud en 1842), et un clocheton en pierre est érigé.
Les restaurations de 1959–1960 mettent au jour des vestiges du clocheton roman, dont des colonnettes à chapiteaux prismatiques. La chapelle abrite un mobilier remarquable : une pietà du XVIIe siècle, une tribune en bois des XVe–XVIe siècles, et le Lit de Saint Cado, autel en pierre lié à des rituels de guérison de la surdité. Classée monument historique en 1925, elle perpétue un pardon annuel le 3e dimanche de septembre, marqué par l’offrande de poulets blancs, tradition encore vivace aujourd’hui.
L’architecture révèle des transformations médiévales, comme la modification de la charpente pour une toiture à deux pans, supprimant probablement des fenêtres hautes. Les vitraux actuels, créés en 1960 par Hubert de Sainte-Marie, remplacent d’anciennes baies. Le site, lié à la légende de saint Cado et à l’histoire maritime locale (ex-voto de trois-mâts), illustre le patrimoine religieux et culturel breton.
La chapelle conserve aussi des traces écrites, comme l’épitaphe de Marguerite Templier (1735), veuve de Jean Rohu, pionnier des presses à sardines de Saint-Cado, inhumé sur place en 1707. Ces éléments soulignent son rôle à la fois spirituel, économique (pèlerinage, activités portuaires) et mémoriel pour la communauté de Belz.