Frise chronologique
Fin Xe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
Fin Xe siècle (≈ 1095)
Édifice préroman parmi les plus anciens du Rouergue.
1160
Fondation de la grange de la Serre
Fondation de la grange de la Serre
1160 (≈ 1160)
Participation du seigneur de Verdun.
XVe siècle
Peintures murales et réparation de la tour
Peintures murales et réparation de la tour
XVe siècle (≈ 1550)
Embellissement du chœur et défense du site.
Années 1950
Fin du pèlerinage
Fin du pèlerinage
Années 1950 (≈ 1950)
Abandon avant la restauration.
1975
Redécouverte des peintures
Redécouverte des peintures
1975 (≈ 1975)
Début de la restauration par l’association.
11 mars 1999
Inscription Monument historique
Inscription Monument historique
11 mars 1999 (≈ 1999)
Protection officielle de la chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. F 209) : inscription par arrêté du 11 mars 1999
Personnages clés
| Seigneur de Verdun (1160) - Co-fondateur de la grange de la Serre |
Mentionné dans les archives monastiques. |
| Brenguier (seigneur de Malemort) et Barthélémy (seigneur de Castelmary) - Co-seigneurs de Verdun en 1265 |
Hommage au comte de Rodez. |
| Famille de Saunhac de Belcastel - Seigneurs de Verdun (XVe siècle) |
Abandonnent le château au XVe siècle. |
| Association Saint-Clair de Verdun - Restauratrice du site (depuis 1975) |
Sauvegarde des peintures et du monument. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Clair de Verdun, située à Quins en Aveyron, est un édifice religieux construit à la fin du Xe siècle, juste avant l’an mil. Elle figure parmi les plus anciens monuments du Rouergue, avec une architecture préromane caractéristique : murs en moellons de schiste, nef charpentée, et chœur voûté en berceau. Sa taille modeste (13,50 m de long, 4,60 à 4,90 m de large) et ses particularités structurelles, comme la disposition inhabituelle des fenêtres du chevet, en font un témoignage rare de cette période. La chapelle était initialement liée à un château médiéval dont subsistent une tour et des vestiges de murailles.
Les peintures murales du chœur, redécouvertes en 1975 sous un enduit, datent du XVe siècle et illustrent l’art gothique international. Parmi les rares fragments conservés, la Vierge à l’Enfant et saint Michel terrassant le dragon se distinguent par leur finesse et leur tentative innovante de perspective. Ces œuvres, classées Monument historique en 1976, contrastent avec l’image d’un art rural naïf, révélant le travail d’un artiste talentueux. Une litre funéraire, trace d’un seigneur local, souligne aussi le rôle patronal de la noblesse sur le site.
Le site de Verdun, dont le nom d’origine celtique évoque une hauteur fortifiée, aurait pu abriter une enceinte gauloise, bien qu’aucune preuve archéologique ne le confirme. Au Moyen Âge, il devient le siège d’une seigneurie mentionnée dès 1160, avec un château aujourd’hui en ruines. Les archives évoquent des co-seigneurs comme les familles de Castelmary ou de Vernhe aux XIIIe–XIVe siècles. Au XVe siècle, la tour est réparée et la chapelle embellie, avant d’être abandonnée par les seigneurs de Belcastel, puis de Saunhac, au profit des revenus agricoles.
La chapelle, entretenu pour le pèlerinage à saint Clair jusqu’aux années 1950, tombe en ruine avant d’être sauvée par l’association Saint-Clair de Verdun à partir de 1975. Les travaux de restauration (1976–1979) permettent son ouverture au public et son inscription à l’inventaire des Monuments historiques en 1999. Le pèlerinage, actif depuis le Moyen Âge, cesse au XXe siècle, mais le site reste un témoignage majeur de l’histoire religieuse et seigneuriale du Rouergue.
Architecturalement, la chapelle allie simplicité et singularités : un clocheton à arcade unique, un portail surmonté d’un oculus, et des contreforts asymétriques. La nef, presque aveugle, est séparée du chœur par un arc triomphal reposant sur des pilastres. Les peintures, bien que fragmentaires, révèlent une maîtrise rare pour une chapelle rurale, avec des effets de profondeur et des détails réalistes, comme le déhanchement de la Vierge ou le geste de l’Enfant Jésus.
Le déclin du site s’amorce à la Révolution, quand Verdun, brièvement érigée en commune, est rattachée à Quins en 1800. Les reliques de saint Clair, objet d’un procès au XVIe siècle entre les habitants et un curé, disparaissent. Malgré son abandon progressif, la chapelle conserve son rôle symbolique, comme en témoignent les traces de la litre funéraire et les archives mentionnant son entretien pour les pèlerins jusqu’au XIXe siècle.