Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Édification de la chapelle romane et de l’abside.
1565
Restauration majeure
Restauration majeure
1565 (≈ 1565)
Date gravée dans la maçonnerie.
1751
Campagne de travaux
Campagne de travaux
1751 (≈ 1751)
Seconde restauration attestée.
2 octobre 1890
Classement MH
Classement MH
2 octobre 1890 (≈ 1890)
Protection au titre des monuments historiques.
1966
Découverte de fresques
Découverte de fresques
1966 (≈ 1966)
Mise au jour d’une *Crucifixion* dans la nef.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle : classement par arrêté du 2 octobre 1890
Personnages clés
| Saint Clément - Patron de la chapelle |
Dédicataire (*Clamens* en gascon). |
| Antistii - Propriétaires romains |
Villa romaine voisine, source de remplois. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Clamens, située dans le Gers en Occitanie, est un édifice roman du XIe siècle. Elle fut construite près des vestiges d’une villa romaine des Antistii, dont des éléments (un cippe funéraire et un sarcophage du IVe siècle) furent réutilisés, notamment comme socle d’autel. Dédiée à saint Clément (dont Clamens est la forme gasconne), elle servait de siège paroissial et abritait une abbaye aujourd’hui disparue. La commune de Saint-Clamens fut rattachée à Belloc en 1822 pour former Belloc-Saint-Clamens, à 5 km au nord de Mirande, sur un itinéraire jacquaire.
La chapelle a conservé son plan d’origine (nef unique rectangulaire et chœur polygonal) sans remaniements majeurs, hormis l’ajout d’une annexe sud-ouest au XVIe siècle, prolongée par un auvent au-dessus du portail méridional. Les dates 1565 et 1751, gravées dans la maçonnerie, correspondent à des campagnes de restauration. Son architecture se distingue par des contreforts larges, un clocher-mur à deux baies, et un appareil de murs atypique pour la région, avec des blocs plus hauts que larges. L’abside, renforcée par trois contreforts, abrite des fenêtres à colonnettes et chapiteaux cubiques sculptés.
À l’intérieur, le sarcophage gallo-romain en marbre blanc de Saint-Béat (IVe siècle, école d’Arles) supporte l’autel. Son décor représente des putti ailés et un médaillon avec le portrait d’un jeune homme. La chapelle abrite aussi une cuve baptismale gothique octogonale, ornée d’arcs polylobés, et des fresques des XVIe et XVIIe siècles : une Crucifixion dans la nef (dégagée en 1966) et une représentation de saint Clément avec un moine dans le chœur. Classée monument historique le 2 octobre 1890, elle appartient aujourd’hui à la commune.
Son historique architectural révèle une continuité d’usage liturgique, malgré la disparition de l’abbaye associée. Les remplois de matériaux antiques et la persistance de son vocable (saint Clément) soulignent son ancrage dans l’histoire locale, entre héritage gallo-romain et tradition jacquaire médiévale. Les restaurations des XVIe et XVIIIe siècles, bien que discrètes, témoignent d’une volonté de préservation précoce, bien avant son classement officiel.