Frise chronologique
VIIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
VIIe siècle (≈ 750)
Création par saint Hadouin, évêque du Mans.
Fin Xe siècle
Refondation de l'abbaye
Refondation de l'abbaye
Fin Xe siècle (≈ 1095)
Par Raoul III de Beaumont, vicomte du Maine.
XIIe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
XIIe siècle (≈ 1250)
Dédiée initialement à Notre-Dame, par un pèlerin.
1252
Consécration du chœur gothique
Consécration du chœur gothique
1252 (≈ 1252)
Agrandissement de l’abbatiale intégrant la chapelle.
1516
Création du reliquaire du lait de la Vierge
Création du reliquaire du lait de la Vierge
1516 (≈ 1516)
Œuvre en vermeil attribuée à Simon Hayneufve.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Protection officielle de la chapelle Saint-Crépin.
1985
Redécouverte de la crypte
Redécouverte de la crypte
1985 (≈ 1985)
Fouilles archéologiques sous le chœur gothique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Crépin : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Saint Hadouin - Évêque du Mans (VIIe siècle) |
Fondateur légendaire de l’abbaye d’Évron. |
| Raoul III de Beaumont - Vicomte du Maine (fin Xe siècle) |
Refondateur controversé de l’abbaye, opposé à Robert de Blois. |
| François de Châteaubriant - Premier abbé commendataire (1482–1519) |
Bienfaiteur, obtint des reliques et financa des stalles. |
| Simon Hayneufve - Orfèvre (début XVIe siècle) |
Auteur présumé du reliquaire du lait de la Vierge. |
| Abbé Angot - Historien local (XIXe–XXe siècle) |
Démasqua les falsifications des chartes médiévales. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Crépin d'Évron, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, est un édifice roman du XIIe siècle. Initialement dédiée à Notre-Dame, elle est accolée au flanc nord du chœur de l’abbatiale bénédictine d’Évron, fondée au VIIe siècle par saint Hadouin, évêque du Mans. Son nom actuel provient de son adoption comme patron par les cordonniers locaux, qui interprétèrent les motifs des arcs brisés de sa porte comme des semelles de chaussures. La chapelle, à nef unique de 27 mètres de long, est voûtée d’arêtes et ornée de peintures murales du XIIIe siècle, dont un Christ en majesté dans l’abside.
La chapelle est construite sur le vœu d’un pèlerin de retour de Compostelle, selon une tradition rapportée au XIIe siècle. Elle est d’abord isolée avant d’être intégrée à l’abbatiale lors de l’agrandissement gothique du XIIIe siècle, qui élargit le chœur et crée une porte de communication avec le transept nord. La première travée de la chapelle est transformée au XVIe siècle en salle du chapitre, puis en sacristie. Son décor, notamment les arcs en cintre brisé, évoque des influences arabo-musulmanes rares dans l’architecture romane régionale.
Classée monument historique dès 1846, la chapelle abrite un trésor religieux exceptionnel, incluant des reliques comme le lait de la Vierge, dont le reliquaire en vermeil (1516) est attribué à Simon Hayneufve. Parmi ses œuvres majeures figurent aussi une Vierge à l’Enfant en argent repoussé (XVe siècle) et une statue de Notre-Dame de l’Épine (XIIIe siècle), ornée de plaques d’argent, d’émaux et de pierres précieuses. Ces pièces, exposées lors d’événements nationaux, témoignent du rayonnement spirituel et artistique de l’abbaye, liée à la légende fondatrice du pèlerin et de l’aubépine miraculeuse.
La chapelle survit aux pillages des guerres de Religion (1562, 1577), où les moines d’Évron se réfugient au château du Rocher avec leurs reliques. Au XVIIe siècle, l’abbé commendataire Claude Belot modifie l’espace conventuel en détruisant le bas-côté nord de l’abbatiale, mais la chapelle Saint-Crépin, préservée, reste un lieu de dévotion. Redécouverte lors de fouilles en 1985, sa crypte haute (fin Xe siècle) confirme son lien avec la refondation de l’abbaye par les vicomtes du Maine, opposée aux prétentions des comtes de Blois via des chartes falsifiées aux XIe–XIIIe siècles.
Aujourd’hui, la chapelle fait partie de l’ensemble abbatial d’Évron, devenu basilique mineure en 1941. Elle abrite quatre tapisseries d’Aubusson (XVIIe siècle) illustrant des scènes bibliques, ainsi que des statues en calcaire polychrome et des tombes classées. Son architecture, mêlant roman et gothique, et son décor peint en font un témoin rare de l’art médiéval en Anjou-Maine, tandis que son trésor et ses reliques perpétuent la mémoire des pèlerinages marials et de la communauté bénédictine.