Origine et histoire de la Chapelle Saint-Criat de Verchizeuil
La chapelle Saint-Criat de Verchizeuil, située dans le hameau de Verzé en Saône-et-Loire, est un édifice roman du XIIe siècle, bien que certaines sources évoquent une origine au XIe siècle. Elle fut construite par les moines de l'abbaye de Cluny sur un site celtique où se pratiquaient des rites païens, notamment autour d'une « source miraculeuse ». Initialement dédiée à saint Martin, elle fut ensuite placée sous le vocable de saint Christ, puis de saint Criat, une évolution liée à des traditions populaires locales.
La chapelle a subi de nombreuses modifications au fil des siècles, notamment un « retournement » de son orientation, passant de l'est à l'ouest. En 1721, monseigneur Cassagnet de Tilladet, évêque de Mâcon, constata son état de dégradation lors d'une visite pastorale. Il décrivit un édifice isolé, mesurant environ 14 mètres de long sur 8 de large, avec un sanctuaire en forme de coquille. Malgré son inscription aux monuments historiques en 1927, la chapelle continua de se dégrader, nécessitant des interventions ponctuelles.
Au XXe siècle, des efforts de restauration furent entrepris, notamment grâce à des chantiers bénévoles dans les années 1990, soutenus par des financeurs publics comme la DRAC de Bourgogne. Cependant, les travaux furent interrompus en 2001, et en 2012, une association locale dut bâcher l'édifice pour le préserver. En 2020, la chapelle fut acquise par la commune de Verzé pour 12 000 euros. Son histoire est aussi marquée par un ancien pèlerinage où les mères venaient y prélever de la poudre d'autel pour soigner leurs enfants malades, une pratique ayant contribué à l'évolution de son vocable.
La tradition orale, rapportée par Émile Violet, décrit un rituel silencieux où les parents devaient se rendre à jeun à la chapelle, gratter la pierre de l'autel pour en récupérer une poudre blanche, puis la mélanger au lait de l'enfant criard. Ce rituel, associé à la neuvaine et à une offrande au fermier propriétaire des lieux, illustre l'importance symbolique de ce lieu dans les croyances populaires locales. La chapelle, aujourd'hui protégée, reste un témoignage de l'art roman et des pratiques religieuses médiévales en Bourgogne.