Frise chronologique
1126
Don à l’abbaye du Bec
Don à l’abbaye du Bec
1126 (≈ 1126)
Guillaume de Tibouville cède la chapelle.
1139
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1139 (≈ 1139)
Cérémonie solennelle avec Thibaut, abbé du Bec.
2e moitié XIe siècle
Construction de l'abside
Construction de l'abside
2e moitié XIe siècle (≈ 1150)
Abside en hémicycle édifiée.
1495
Changement de vocable
Changement de vocable
1495 (≈ 1495)
Saint Éloi remplace saint Lambert.
Fin XVIe siècle
Transformation en léproserie
Transformation en léproserie
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Devenue Saint-Éloi de Nassandres.
1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1794 (≈ 1794)
Après la Révolution française.
26 octobre 1936
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
26 octobre 1936 (≈ 1936)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Eloi : inscription par arrêté du 26 octobre 1936
Personnages clés
| Guillaume de Tibouville - Seigneur local |
Donateur de la chapelle en 1126. |
| Thibaut - Abbé du Bec puis archevêque |
Présent à la remise solennelle en 1139. |
| Charles Lenormant - Archéologue et propriétaire |
Acheteur en 1833, lié à la controverse. |
| François Lenormant - Fils de Charles Lenormant |
Auteur présumé de fausses inscriptions. |
| Edmond Le Blant - Archéologue |
Publicateur des inscriptions frauduleuses. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Éloi est un édifice roman des XIe et XIIe siècles, situé dans l’ancienne commune de Fontaine-la-Soret, aujourd’hui intégrée à Nassandres sur Risle (Eure, Normandie). Initialement dédiée à saint Lambert, elle fut offerte en 1126 par Guillaume de Tibouville à l’abbaye du Bec, qui y fonda le prieuré Saint-Lambert. La cérémonie de remise solennelle eut lieu en 1139, en présence de l’abbé Thibaut (futur archevêque de Canterbury) et de seigneurs locaux comme Guillaume de Bigars. La chapelle devint un lieu de culte sous le vocable de saint Éloi à partir de 1495, avant d’être transformée en léproserie à la fin du XVIe siècle.
Après la Révolution, la chapelle fut vendue comme bien national en 1794 et devint un lieu de pèlerinage local. En 1833, elle fut acquise par Charles Lenormant, archéologue dont le fils, François, fut impliqué dans une controverse autour de fausses inscriptions runiques mérovingiennes supposément découvertes sur place. Ces « découvertes », publiées par Edmond Le Blant, furent ultérieurement démasquées comme une supercherie par une commission départementale. La chapelle, aujourd’hui propriété privée, conserve une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle et une statue de saint Lambert du XVIe siècle.
D’un point de vue architectural, la chapelle présente un plan allongé avec un chœur du XIIe siècle et une abside en hémicycle de la seconde moitié du XIe siècle. Ses façades mêlent moellons, briques et silex, avec des contreforts romans et des baies cintrées ou en arc brisé. Une source jaillit devant l’entrée, alimentant un réservoir carré accessible par des marches. L’édifice, inscrit aux Monuments historiques depuis 1936, illustre l’influence de l’abbaye du Bec en Normandie et les évolutions cultuelles locales, de saint Lambert à saint Éloi.
La chapelle bordait autrefois la limite sud de Fontaine-la-Soret, près d’un bois et de la vallée de la Risle, à mi-chemin entre Brionne et Beaumont-le-Roger. Son isolement géographique, loin du bourg, reflète son usage initial comme lieu de retraite monastique, puis comme léproserie. Le prieuré adjacent, mentionné dès le XIIe siècle, disparut après la Révolution, mais la chapelle demeura un repère spirituel et patrimonial, malgré les transformations et les polémiques archéologiques du XIXe siècle.