Frise chronologique
1950
Début du quartier ouvrier
Début du quartier ouvrier
1950 (≈ 1950)
Lancement des travaux de la cité.
1952-1958
Esquisses du projet
Esquisses du projet
1952-1958 (≈ 1955)
Études préliminaires par Honegger.
1958-1960
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1958-1960 (≈ 1959)
Chantier dirigé par Denis Honegger.
1959
Création des vitraux
Création des vitraux
1959 (≈ 1959)
Réalisation par Beretta et Labouret.
6 janvier 2005
Inscription MH
Inscription MH
6 janvier 2005 (≈ 2005)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle en totalité (cad. BY 155) : inscription par arrêté du 6 janvier 2005
Personnages clés
| Denis Honegger - Architecte |
Concepteur de la chapelle et de la cité. |
| Auguste Perret - Mentor de Honegger |
Influence sur le style architectural. |
| Emilio Beretta - Peintre-verrier |
Auteur des cartons des vitraux. |
| Auguste Labouret - Maître verrier |
Réalisateur des vitraux en dalle. |
| Société des Forges de la Providence - Mécène industriel |
Financeur du quartier et de la chapelle. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Éloi d'Hautmont, située dans le département du Nord (Hauts-de-France), a été conçue dans le cadre d’un programme d’urbanisme social financé par les Forges de la Providence pour loger les ouvriers du secteur métallurgique. Elle remplace une ancienne chapelle devenue trop exiguë et s’inscrit dans l’aménagement de la cité ouvrière du Bois-du-Quesnoy, initié dès 1950. L’architecte suisse Denis Honegger, élève d’Auguste Perret, élabore plusieurs esquisses entre 1952 et 1958 avant la réalisation du chantier, mené de 1958 à 1960. Le bâtiment, inscrit aux monuments historiques en 2005, allie fonctionnalité et symbolisme, avec un plan rectangulaire et des salles paroissiales disposées en arc de cercle.
La chapelle se distingue par ses treize vitraux en dalle de verre, technique pionnière pour l’époque, représentant des épisodes de la vie de saint Éloi, patron des métallurgistes. Ces œuvres sont le fruit d’une collaboration entre le peintre Emilio Beretta (auteur des cartons) et le maître verrier Auguste Labouret, réalisateur des vitraux vers 1959. Le choix de saint Éloi reflète le lien étroit entre l’édifice et la communauté ouvrière locale, tandis que l’architecture sobre en béton armé et la voûte en brique apparente incarnent une modernité adaptée aux besoins paroissiaux et urbains.
Intégrée au cœur du quartier, la chapelle forme un ensemble cohérent avec les logements ouvriers, articulé autour d’une place semi-cylindrique bordée par l’avenue du Général-Leclerc. Le clocher, adjacent à la sacristie, marque l’entrée du lieu de culte, dont la façade en arc de cercle dialogue avec l’espace public. Malgré des contraintes budgétaires limitant la qualité de certains matériaux, l’édifice met en valeur son programme artistique et sa vocation sociale, témoignant de l’utopie urbanistique des Trente Glorieuses et du mécénat industriel.
Le projet s’inspire partiellement de l’église du Christ-Roi de Fribourg (Suisse), avec un volume trapézoïdal ouvert sur une place arrière, initialement encadrée par deux immeubles. La chapelle, propriété de l’Association diocésaine de Cambrai, reste un exemple significatif de l’architecture religieuse fonctionnelle du XXe siècle, mêlant héritage perrétien et innovations techniques, tout en servant de repère identitaire pour la cité ouvrière.