Frise chronologique
442
Premier évêque attesté
Premier évêque attesté
442 (≈ 442)
Armentaire cité au concile de Vaison.
Ve siècle
Origine de la chapelle
Origine de la chapelle
Ve siècle (≈ 550)
Fouilles révélant quatre états antiques à carolingiens.
730
Invasions sarrasines
Invasions sarrasines
730 (≈ 730)
Perturbation de l’évêché d’Antibes.
1244
Transfert de l’évêché
Transfert de l’évêché
1244 (≈ 1244)
Départ pour Grasse, fin du groupe cathédral.
1385
Reconstruction de la chapelle
Reconstruction de la chapelle
1385 (≈ 1385)
Future base des Pénitents blancs.
1591
Fondation de la confrérie
Fondation de la confrérie
1591 (≈ 1591)
Pénitents blancs du Saint-Esprit.
1642
Retable baroque commandé
Retable baroque commandé
1642 (≈ 1642)
Œuvre de Mathurin Beauclair.
1751
Portail refait
Portail refait
1751 (≈ 1751)
Style baroque actuel.
1815
Prison pour soldats napoléoniens
Prison pour soldats napoléoniens
1815 (≈ 1815)
Après débarquement à Golfe-Juan.
1945
Classement monument historique
Classement monument historique
1945 (≈ 1945)
Protection officielle de l’État.
1988
Transformation en salle municipale
Transformation en salle municipale
1988 (≈ 1988)
Nouvelle vocation civile.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Armentaire - Évêque d’Antibes |
Premier évêque attesté en 442. |
| Mathurin Beauclair - Menuisier |
Auteur du retable en 1642. |
| Pierre de Bonnefons - Recteur de la confrérie |
Supervisa travaux de voûte en 1642. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Esprit d’Antibes trouve ses origines au Ve siècle, comme l’attestent les fouilles archéologiques menées entre 1981 et 1984. Ces recherches ont révélé quatre états successifs de construction entre l’Antiquité tardive et l’époque carolingienne, ainsi que des vestiges d’un narthex du VIe siècle (dont un montant de pierre encore visible aujourd’hui). À l’origine, la chapelle formait un groupe cathédral avec l’ancienne cathédrale Sainte-Marie, siège de l’évêché d’Antibes jusqu’à son transfert à Grasse en 1244. Les incursions sarrasines à partir de 730 perturbèrent la vie religieuse locale, comme en témoignent les lacunes dans la liste épiscopale.
La chapelle actuelle fut reconstruite en 1385 pour abriter la confrérie des Pénitents blancs du Saint-Esprit, fondée en 1591. Les travaux majeurs du XVIIe siècle inclurent l’ajout d’un retable baroque (1642) par le menuisier Mathurin Beauclair, le rehaussement de la voûte (1681), et la refonte du portail en 1751 dans un style baroque. La chapelle devint un bien national pendant la Révolution, servant tour à tour de caserne, de presbytère projeté (1810), de prison pour les soldats de Napoléon en 1815, puis d’école (1821–1824).
Classée monument historique en 1945, la chapelle fut transformée en salle du conseil municipal en 1988. Son architecture, à nef unique et abside semi-circulaire (21,70 m de long), conserve des éléments médiévaux et baroques. Les fouilles ont également mis au jour des pièces d’autel des Ve–VIe siècles et des fragments de chancel du VIIIe siècle, aujourd’hui exposés au musée archéologique d’Antibes. Ces vestiges illustrent son rôle central dans l’histoire religieuse de la région, marqué par des phases de destruction (sarrasines) et de restauration (période carolingienne).