Frise chronologique
vers 510
Construction initiale
Construction initiale
vers 510 (≈ 510)
Édifiée sous l’évêque Épiphane pour les reliques.
XVe-XVIe siècles
Premiers remaniements
Premiers remaniements
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Modifications architecturales médiévales.
1796
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1796 (≈ 1796)
Acquise par les frères Peccot pendant la Révolution.
1802
Rachat par les paroissiens
Rachat par les paroissiens
1802 (≈ 1802)
Retour à un usage religieux après la Révolution.
XVIIIe siècle
Transformation néo-classique
Transformation néo-classique
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Façade et baies refaites dans ce style.
1984
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1984 (≈ 1984)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Etienne (cad. BZ 160) : inscription par arrêté du 26 décembre 1984
Personnages clés
| Épiphane - Évêque de Nantes (502-518) |
Commanditaire de la chapelle pour les reliques. |
| Frères Peccot (Antoine et Mathurin) - Acquéreurs pendant la Révolution |
Commissaire et architecte, propriétaires en 1796. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Étienne, située dans le quartier Malakoff-Saint-Donatien de Nantes, est implantée au cœur d’une ancienne nécropole païenne christianisée, devenue le cimetière Saint-Donatien. Ce lieu, proche de la basilique éponyme, marque l’emplacement présumé du martyre des saints Donatien et Rogatien vers 304. La chapelle, construite vers 510 sous l’épiscopat d’Épiphane (évêque de 502 à 518), est considérée comme le plus vieil édifice religieux du diocèse de Nantes.
Selon la tradition, elle aurait été édifiée pour abriter des reliques de saint Étienne, premier diacre martyr, que l’évêque Épiphane aurait rapportées de Jérusalem. Initialement conservées dans la cathédrale de Nantes, ces reliques firent de la chapelle un lieu de pèlerinage dès sa construction. Au fil des siècles, son vocable évolua (« Saint-Georges », « Saint-Agapit »), et elle subit des remaniements majeurs aux XVe-XVIe siècles, puis au XVIIIe siècle dans un style néo-classique.
Lors de la Révolution, après l’incendie de l’église Saint-Donatien en 1796, la chapelle servit temporairement de lieu de culte. Vendue comme bien national aux frères Peccot (un commissaire du gouvernement et un architecte), elle fut rachetée en 1802 par les paroissiens. Au XXe siècle, après avoir abrité des vestiges préhistoriques issus de fouilles, elle fut restaurée. Depuis 1984, la chapelle est inscrite aux monuments historiques, préservant son mur ouest du Ve siècle, caractéristique de l’architecture paléochrétienne.
Architecturalement, la chapelle présente un plan rectangulaire (17,5 m x 7,5 m) avec un toit à deux versants culminant à 8 mètres. Le mur ouest, conservé sur 4 mètres de hauteur, révèle une technique de construction en petits moellons et briques rouges typique du Haut Moyen Âge. Les façades latérales, percées de baies en plein-cintre et d’une porte du XVIIIe siècle, contrastent avec le chevet où une baie gothique en arc brisé fut partiellement modifiée. Ces éléments illustrent les strates historiques de l’édifice, du Ve au XVIIIe siècle.