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Frise chronologique
1436
Construction d’un hôpital
Construction d’un hôpital
1436 (≈ 1436)
Pierre gravée attestant d’un hébergement pour pèlerins.
1480
Achèvement du jubé
Achèvement du jubé
1480 (≈ 1480)
Inscription d’Olivier Le Loergan sur le jubé.
milieu du XVe siècle
Début de construction
Début de construction
milieu du XVe siècle (≈ 1550)
Chapelle actuelle initiée par les Boutteville.
1846
Classement du jubé
Classement du jubé
1846 (≈ 1846)
Protection au titre des monuments historiques.
1862-1866
Restauration controversée
Restauration controversée
1862-1866 (≈ 1864)
Pastiche ajoutés au jubé, supprimés en 1951.
1889
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1889 (≈ 1889)
Protection intégrale de l’édifice.
1951
Restauration du jubé
Restauration du jubé
1951 (≈ 1951)
Retour à la polychromie originelle estimée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Fiacre (cad. ZS 75) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Olivier Le Loergan - Artisan menuisier |
Auteur du jubé (1480-1492). |
| Famille de Boutteville - Commanditaires présumés |
Normands au service des ducs de Bretagne. |
| Saint Fiacre - Patron de la chapelle |
Herboriste irlandais du VIIe siècle. |
| Jean V (duc de Bretagne) - Possible protecteur |
Armes ducales sculptées sur le chevet. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Fiacre, située à Le Faouët dans le Morbihan, est un édifice religieux catholique classé monument historique depuis 1889. Elle est réputée pour son jubé en bois polychrome de style flamboyant, réalisé entre 1480 et 1492 par Olivier Le Loergan, ainsi que pour ses vitraux des XVe et XVIe siècles. La chapelle est dédiée à saint Fiacre, un herboriste irlandais du VIIe siècle établi près de Meaux, dont le culte fut introduit en Bretagne par la famille de Boutteville, originaire de Normandie et au service des ducs de Bretagne depuis le XIIIe siècle.
Une pierre gravée réemployée dans une maison voisine atteste de la construction d’un « hôpital » (hébergement pour pèlerins) en 1436 par un membre de la famille de Boutteville, suggérant l’existence antérieure d’une chapelle ou d’un lieu de pèlerinage. La construction de l’édifice actuel est située vers le milieu du XVe siècle, avec une date de fin probable autour de 1480, marquée par une inscription sur le jubé. Selon la tradition, la chapelle aurait été bâtie simultanément avec Notre-Dame de Kernascléden, à 15 km de distance, avec une légende racontant que des anges transportaient les outils des ouvriers d’un chantier à l’autre pendant leurs pauses.
L’architecture de la chapelle, en forme de croix latine, comprend une nef à bas-côté unique, un transept à trois travées, et un chœur sans bas-côté. Son clocher-mur, inspiré de Notre-Dame de Kérinec et de Kernascléden, est flanqué de deux tourelles reliées par des passerelles. La façade ouest, qualifiée de « charmante » par les historiens, présente une composition dissymétrique équilibrée, avec un portail encadré de colonnettes et surmonté d’un lambrequin à redents trilobés. Le porche sud, similaire à celui de Kernascléden, abrite un portail geminé sous un tympan plein, tandis que le chevet plat arbore les armes ducales de Bretagne, soulignant le patronage des ducs.
Le jubé, classé dès 1846, illustre des scènes bibliques (tentation d’Adam et Ève, Passion du Christ) et des péchés capitaux (ivresse, luxure, paresse). Les vitraux, datant des XVe et XVIe siècles, ainsi que les sculptures en ronde-bosse de l’atelier ducal du Folgoët, complètent un mobilier remarquable. La chapelle a subi des restaurations controversées au XIXe siècle, notamment entre 1862 et 1866, où des pastiches ont remplacé des panneaux manquants du jubé. Une restauration en 1951 a supprimé ces ajouts pour retrouver l’esprit de la polychromie originelle.
La chapelle est propriété de la commune du Faouët et accueille chaque année un pardon le dernier dimanche d’août. Son histoire est marquée par des légendes locales, comme celle des anges transporteurs d’outils, et par son lien avec les familles nobles bretonnes, notamment les Boutteville et les ducs de Bretagne, dont les armes ornent le chevet. L’édifice, malgré son humidité récurrente, reste un exemple majeur de l’architecture gothique flamboyante en Bretagne, alliant innovation stylistique et symbolisme religieux.
Les origines exactes de la chapelle restent partiellement obscures, mais son rôle dans la vie religieuse et sociale du Faouët est attestée depuis le XVe siècle. Associée à un hôpital pour pèlerins, elle reflète l’importance des lieux de culte et d’accueil dans la Bretagne médiévale, où les chapelles rurales servaient de points de rassemblement pour les communautés locales et les voyageurs. La présence de deux oratoires seigneuriaux superposés au nord du chœur souligne également son statut de monument lié à l’aristocratie bretonne.