Frise chronologique
1289
Fondation de la première chapelle
Fondation de la première chapelle
1289 (≈ 1289)
Par Othon IV de Bourgogne près du château.
1300
Destruction lors d'une révolte
Destruction lors d'une révolte
1300 (≈ 1300)
Saccage par les barons comtois contre le roi.
1369
Reconstruction de la chapelle
Reconstruction de la chapelle
1369 (≈ 1369)
Date gravée sur une clef de voûte.
vers 1500
Construction de la chapelle actuelle
Construction de la chapelle actuelle
vers 1500 (≈ 1500)
Date inscrite sur le linteau gauche.
1674
Épargnée lors de la destruction du château
Épargnée lors de la destruction du château
1674 (≈ 1674)
Ordre de Louis XIV exécuté par le maréchal de Luxembourg.
1968
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1968 (≈ 1968)
Arrêté du 7 juin 1968.
2018
Restauration par la Fondation du Patrimoine
Restauration par la Fondation du Patrimoine
2018 (≈ 2018)
Projet récompensé en 2019.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Georges, ancienne chapelle du château (cad. B 978) : inscription par arrêté du 7 juin 1968
Personnages clés
| Othon IV de Bourgogne - Comte de Bourgogne |
Fonda la première chapelle en 1289. |
| Charles le Téméraire - Duc de Bourgogne |
Renforça les défenses du château en 1475. |
| Louis XI - Roi de France |
Ordonna la destruction de la chapelle en 1477. |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonna la destruction du château (sauf la chapelle) en 1674. |
| Maréchal de Luxembourg - Commandant militaire |
Exécuta la destruction du château en 1674. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Georges d'Ornans, située rue Saint-Georges à Ornans (Doubs), est l’unique vestige du château médiéval dont elle était la chapelle castrale. Sa construction actuelle date du 1er quart du XVIe siècle (vers 1500), comme l’atteste la date gravée sur le linteau de sa porte latérale. Elle succède à au moins deux édifices antérieurs : une première chapelle fondée en 1289 par Othon IV de Bourgogne, détruite en 1300 lors d’une révolte des barons comtois, puis reconstruite vers 1369. La chapelle actuelle, de style gothique tardif, fut épargnée en 1674 lors de la destruction du château par les troupes de Louis XIV.
L’histoire de la chapelle est étroitement liée aux conflits régionaux. Détruite une première fois en 1300 après la vente du château par Othon IV au comte de Bourgogne, elle est reconstruite en 1369 (date inscrite sur une clef de voûte). En 1477, les troupes de Louis XI la rasent à nouveau, avant sa reconstruction vers 1500. Son salut définitif intervient en 1674, lorsque le maréchal de Luxembourg, sur ordre de Louis XIV, rase le château mais préserve la chapelle. Celle-ci est finalement inscrite aux monuments historiques en 1968 et restaurée en 2018 grâce à la Fondation du Patrimoine.
Architecturalement, la chapelle se distingue par ses voûtes à croisées d’ogives, son toit de laves, et ses trois fenêtres ogivales. D’une superficie d’environ 40 m2, elle est bâtie en bordure de l’éperon rocheux qui supportait le château, dominant la vallée de la Loue. Son clocheton surmonte l’entrée, et son intérieur, éclairé par des baies gothiques, témoigne de son rôle religieux dans la paroisse d’Ornans, rattachée au diocèse de Besançon. La chapelle, propriété de la commune, a bénéficié d’une restauration récente récompensée par les Rubans du Patrimoine 2019 en Bourgogne-Franche-Comté.
Le château d’Ornans, dont elle dépendait, était une forteresse stratégique édifiée sur un éperon rocheux, défendue par des falaises calcaires et une courtine flanquée de tours. Fondé au XIIIe siècle, il fut successivment détruit et reconstruit lors des conflits entre les comtes de Bourgogne, les barons comtois, et les rois de France. Charles le Téméraire y renforça les défenses en 1475 avant sa destruction partielle. La chapelle, seule rescapée, symbolise aujourd’hui ce passé mouvementé.
La chapelle Saint-Georges illustre les reconstructions successives liées aux guerres médiévales et classiques en Franche-Comté. Son inscription en 1968 et sa restauration récente soulignent son importance patrimoniale, tant pour son architecture gothique que pour son histoire liée aux pouvoirs comtois et royaux. Elle reste un lieu de mémoire pour la paroisse de la Haute Vallée de la Loue, intégrée au diocèse de Besançon.