Origine et histoire de la Chapelle Saint-Hervé
La chapelle Saint-Hervé, située à Gourin dans le Morbihan, est un monument emblématique de l’architecture religieuse bretonne du XVe siècle. Classée aux monuments historiques en 1922, elle fut construite sous l’impulsion des abbés de Langonnet, avec des travaux initiés par Henri de Kergoët (1447-1482), poursuivis par Vincent de Kergoët (1482-1510), et achevés par Yves de Bouteville (1518-1536). Son style flamboyant se distingue par ses portails, contreforts, et une tour carrée surmontée d’une flèche ornée de crosses, tandis que l’intérieur, voûté en bois, arbore des sablières sculptées de motifs végétaux et fantastiques.
La chapelle est dédiée à saint Hervé, autrefois invoqué pour protéger les troupeaux des loups des Montagnes Noires, puis les chevaux, reflétant son importance dans la vie rurale locale. Un grand pardon s’y tient chaque année le dernier dimanche de septembre, incluant depuis 1955 le pardon des sonneurs, célébrant la tradition musicale bretonne. La verrière du XVIe siècle, représentant saint Yves, et les autels en granite du XVIe siècle témoignent de son riche patrimoine artistique et liturgique.
Le site, entouré d’un vaste placître, illustre le modèle des chapelles bretonnes construites entre le XIVe et XVIe siècle en milieu rural. Ces édifices, souvent liés à des saints guérisseurs, servaient de lieux de pèlerinage annuel. La sacristie, ajoutée en 1698, porte une inscription mentionnant les noms des commanditaires : Mir Ian Segain (vicire de Gourin), Mir Iacq Iegou (chaplain), et Mathurin Salou (fabrique). Une croix monumentale du XVIe siècle, aujourd’hui disparue ou non localisée, complétait autrefois l’ensemble.
L’édifice, propriété de la commune de Gourin, incarne à la fois un héritage religieux, artistique et social. Ses éléments protégés incluent la chapelle elle-même (cadastre B 561), classée depuis 1922. Les fêtes de la Saint-Hervé, autrefis étalées sur quatre ou cinq jours au début du XXe siècle, attiraient une foule nombreuse, soulignant son rôle central dans la culture locale. Aujourd’hui, elle reste un symbole de la dévotion bretonne et de son patrimoine architectural préservé.