Origine et histoire de la Chapelle Saint-Jacques de Saint-Léon
La chapelle Saint-Jacques de Saint-Léon, située à Merléac en Bretagne, est un édifice religieux construit au XIVe siècle par Marguerite de Rohan et Olivier de Clisson, puis enrichi au XVe siècle de vitraux, peintures murales, lambris et autel en granit. Une chaire en bois y fut ajoutée au XVIe siècle. Classée Monument Historique en 1908, elle se distingue par son plan à trois vaisseaux, son porche ouest à doubles portes géminées, et son décor héraldique mêlant macles des Rohan et hermines bretonnes.
Les peintures murales et le lambris peint, datant du début du XVe siècle, illustrent des scènes bibliques comme Adam et Ève chassés du Paradis ou la Création des animaux. La maîtresse-vitre (1402) est un chef-d’œuvre du style flamboyant naissant, avec ses lancettes en « flacon » et sa rosace à trilobes. Les armoiries des Rohan et de Navarre, visibles sur les arcades et vitraux, suggèrent un lien avec Jean Ier de Rohan et son épouse Jeanne de Navarre, fille de Philippe III de Navarre.
L’édifice, bâti sur un site escarpé dominant une voie antique, présente une façade nord exceptionnellement ornée, contrairement aux usages bretons. Son clocher, placé sur la première travée du collatéral sud, rappelle les dispositions de l’église Saint-Jacques de Perros-Guirec. Les bases des piles, typiques de la fin du XIVe siècle, et les chapiteaux lisses évoquent l’école architecturale de Guingamp. Des restaurations majeures eurent lieu en 1864 (charpente, lambris, vitraux) et entre 2012-2016, révélant des décors peints cachés.
La chapelle fut longtemps attribuée à tort à Jean Validire (évêque de Saint-Pol-de-Léon puis de Vannes au XVe siècle), en raison d’une confusion avec le bourg voisin de Saint-Léon. Les archives manquent pour confirmer sa fondation, mais son décor héraldique et son emplacement dans la seigneurie de Corlay (vicomté de Rohan) confirment son lien avec cette puissante famille. Les peintures, étudiées lors d’un colloque en 2017, mêlent récits bibliques et symboles politiques.
Le site, classé dès 1908, appartient à la commune de Merléac. Son plan rectangulaire (20,33 m x 12,35 m) et son chevet plat inspirèrent d’autres chapelles bretonnes, comme celle de Kermaria-an-Iskuit à Plouha. Les vitraux, restaurés par Yves Hernot en 1865, et les voûtes d’ogives du porche ouest témoignent d’une réalisation complexe, mêlant influences du Trégor, du Penthièvre et de l’école de Pont-Croix.