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Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan dans le Gard

Patrimoine classé Clocher-mur Chapelle romane Art roman languedocien

Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan

    Chemin du Jeu de Mail
    30200 Vénéjan
Propriété de la commune
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan
Crédit photo : EmDee - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1121
Première mention du village
XIe siècle
Fondations initiales
XIIIe siècle
Chapelle paroissiale
fin XIVe siècle
Agrandissement
après 1647
Chapelle latérale gauche
fin XVIIe siècle
Abandon
1860
Redécouverte par Léon Alègre
1969
Début des restaurations
19 juin 1986
Inscription MH
années 1990
Restauration définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle Saint-Jean-Baptiste (ancienne église paroissiale) (cad. E 99) : inscription par arrêté du 19 juin 1986

Personnages clés

Léon Alègre - Peintre et historien régional Redécouvre la chapelle vers 1860.
Louis Brun - Initiateur des restaurations Lance l’alerte en 1969.
Cardinal Napoléon Orsini - Seigneur de Vénéjan Commanditaire présumé des peintures.
Évêque d’Uzès - Collateur du prieuré Autorité religieuse locale.

Origine et histoire

La chapelle Saint-Jean-Baptiste de Vénéjan est une construction romane située dans le département du Gard, en région Occitanie. Ses fondations remontent au XIe siècle, mais son édification principale s’étale entre les XIIe et XVIIe siècles. Initialement chapelle castrale, elle devient paroissiale au XIIIe siècle avant d’être abandonnée au XVIIe siècle pour une nouvelle église. Son architecture mêle une nef romane primitive, des ajouts gothiques (XIVe siècle), et une chapelle latérale dédiée à la Vierge (XVIIe siècle). La façade ouest, percée d’une porte cintrée et surmontée d’un clocher-mur, contraste avec les parties hautes remaniées en moellons irréguliers.

La chapelle est mentionnée dès 1620 sous le nom de Prieuré Sainct-Jean de Vénéjant. Elle s’inscrit dans l’histoire du castrum de Vénéjan, né au XIe siècle sur l’oppidum gallo-romain de Lombrun, abandonné au Ve siècle. Le village, cité sous le nom Castrum de Venejano en 1121, dépendait de la viguerie de Roquemaure (diocèse d’Uzès). La chapelle, à la collation de l’évêque d’Uzès, fut modifiée après les guerres de Religion, avec des chapelles latérales voûtées d’ogives et une tribune ajoutée à l’ouest.

Abandonnée à la fin du XVIIe siècle, la chapelle tombe dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte en 1860 par l’historien Léon Alègre. En 1969, un comité de sauvegarde, mené par Louis Brun et des bénévoles, lance sa restauration sur plus de vingt ans : déblaiement, consolidation du toit, pose de tuiles, et plantation de résineux. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1986, elle révèle alors des peintures murales du XIVe siècle, dont un Christ en majesté et une Roue de la Fortune, peut-être commandées par le cardinal Napoléon Orsini, seigneur de Vénéjan.

Le site inclut aussi les vestiges d’un donjon du Xe siècle, base d’une tour de guet protégeant le village, et un ancien cimetière paroissial désaffecté vers 1860. Des pierres tombales de seigneurs locaux, exposées à l’est de l’abside, témoignent de son passé féodal. La chapelle, propriété communale, est aujourd’hui un exemple remarquable d’architecture religieuse médiévale restaurée, alliant roman, gothique et éléments baroques.

Les peintures murales, datées d’environ 1320–1330, ornent la voûte en cul-de-four de l’abside et l’arc triomphal. Elles mêlent motifs religieux (Christ bénissant, apôtres) et décoratifs (géométriques, végétaux). La chapelle latérale droite, ajoutée au XIIIe siècle par le seigneur local, et la chapelle gauche (XVIIe siècle) forment un faux transept. Le chevet roman, en moellons réguliers, est surmonté de tuiles orange, typiques de la région.

Redécouverte en 1986, la chapelle bénéficie depuis de subsides pour sa préservation. Les années 1990 voient l’achèvement de sa restauration intérieure (dalles, balustres, vitraux) et extérieure. Son clocher-mur, sa façade harpée, et ses trous de boulin rappellent les techniques médiévales. Le comité de sauvegarde, composé de bénévoles et de scouts, a joué un rôle clé dans sa survie, transformant un édifice en ruines en un patrimoine accessible.

Liens externes