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Chapelle Saint-Jean de Laroque dans l'Hérault

Patrimoine classé Clocher-mur Chapelle romane Art roman languedocien

Chapelle Saint-Jean de Laroque

    Le Bourg
    34190 Laroque

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1900
2000
XIe siècle
Construction initiale
1155
Don à l’évêque de Maguelone
Fin XIIe siècle
Perte du statut paroissial
XIVe siècle
Agrandissement gothique
1905
Devenue propriété communale
1979
Classement monument historique
1978-2005
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Évêque de Maguelone - Bénéficiaire de la chapelle en 1155 Érige Laroque en paroisse indépendante.
Chanoine Roussel - Curé de Laroque (1833-1890) Dédie la chapelle à la Vierge.
Peintre Descombette - Auteur des décors muraux XIXe siècle, ornementation intérieure.
Marie-Rose Aifre - Initiatrice de la restauration (1978) Fonde l’association de sauvegarde.
Atelier Bergés (Toulouse) - Créateur des vitraux (1890) Représentent Sainte Philomène et Saint Tarsicius.

Origine et histoire

La chapelle Saint-Jean de Laroque, située dans le village médiéval de Laroque (Hérault), est un édifice religieux du XIe siècle, initialement adossé au donjon du château. Propriété des seigneurs locaux, elle était dédiée à Saint Jean (Sancti Johannis de Roca) et faisait partie du castrum. En 1155, elle fut cédée à l’évêque de Maguelone pour ériger Laroque en paroisse indépendante, se substituant à la paroisse de Ganges. Trop exiguë pour une population croissante, elle perdit rapidement son statut paroissial au profit d’une nouvelle église, Sainte Marie-Madeleine, construite hors des remparts à la fin du XIIe siècle.

Au XIVe siècle, la chapelle fut agrandie sur la cour du château pour accueillir les fidèles lors des périodes troublées. Elle devint un lieu d’ensevelissement pour les seigneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles. Au XIXe siècle, le chanoine Roussel (curé de 1833 à 1890) la dédia à la Vierge et Saint Dominique, et y ajoutait un décor mural peint par Descombette. En 1905, elle devint propriété communale après la loi de séparation des Églises et de l’État. Son toit s’effondra en 1978, déclenchant une campagne de restauration menée par l’Association de sauvegarde de la Chapelle Saint-Jean, avec le soutien des Monuments historiques. Les travaux, achevés en 2005, permirent de reconstituer son autel roman du XIIe siècle.

Architecturalement, la chapelle mêle styles roman et gothique. Sa partie la plus ancienne (XIe siècle) présente un chevet semi-circulaire orné d’arcatures lombardes et de baies en meurtrière. L’agrandissement du XIVe siècle ajouta une nef gothique à croisées d’ogives, dédiée à Saint Joseph et à la Vierge. À l’intérieur, l’abside romane abrite un autel classé du XIIe siècle, tandis que des peintures murales du XIXe siècle et des vitraux de 1890 (atelier Bergés) ornent l’espace. La chapelle, toujours sacralisée, accueille une messe annuelle pour la Saint Jean-Baptiste et des événements culturels.

Classée monument historique en 1979, la chapelle illustre l’évolution d’un édifice religieux médiéval, passant de chapelle privée à lieu de culte communautaire, puis à patrimoine préservé. Son mobilier inclut des pièces classées comme un siège cathèdre du XVIIIe siècle, un tableau de l’École française du XVIIe siècle (attribué à Antoine Ranc), et des statues en marbre de Carrare (XIVe siècle). Deux cloches, installées en 2004, sonnent quotidiennement l’Angélus en harmonie avec l’église paroissiale.

Aujourd’hui, la chapelle est gérée conjointement par la municipalité et l’association locale, qui œuvrent à sa mise en valeur. Ouverte lors des Journées du patrimoine et en été, elle propose visites, concerts et expositions. Son histoire reflète les dynamiques sociales et religieuses de Laroque, depuis son rôle défensif médiéval jusqu’à sa fonction culturelle contemporaine.

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