Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la chapelle romane en granit.
XIVe siècle
Premiers remaniements
Premiers remaniements
XIVe siècle (≈ 1450)
Modifications architecturales majeures.
1723
Installation des cloches
Installation des cloches
1723 (≈ 1723)
Deux cloches ajoutées, enlevées en 1793.
1784
Dernier curé en poste
Dernier curé en poste
1784 (≈ 1784)
Yves Briand, dernier desservant connu.
1793
Transfert des cloches
Transfert des cloches
1793 (≈ 1793)
Déplacement à Angers pendant la Révolution.
20 décembre 1973
Classement monument historique
Classement monument historique
20 décembre 1973 (≈ 1973)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Jean (cad. A 207) : classement par arrêté du 20 décembre 1973
Personnages clés
| Yves Briand - Dernier curé de la chapelle |
Desservant en 1784 avant désaffectation. |
| Madame A.M. Joubert - Épouse du chevalier Lyrot |
Stèle gravée présente dans la chapelle. |
| Chevalier Lyrot - Seigneur de la Patouillère |
Époux de madame Joubert, lié à la stèle. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Jean de Montfaucon-Montigné, située dans le département de Maine-et-Loire, est un édifice religieux construit au XIIe siècle dans un style roman. Elle se distingue par sa structure en pierre de granit, son plan rectangulaire sans voûte, et ses portails ogivaux à triple voussure. À l'origine dépendante de l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, elle était intégrée au système défensif de Montfaucon, positionnée entre les première et seconde enceintes de la ville fortifiée. Ses chapiteaux sculptés de feuillage et son clocher, ajoutés ultérieurement, témoignent de son évolution architecturale aux XIVe et XVIIe siècles.
La chapelle a subi plusieurs transformations au fil des siècles. Au XVIIIe siècle, elle perd ses deux cloches de 1723, transférées à Angers en 1793 lors de la Révolution. Son dernier curé, Yves Briand, est mentionné en 1784 avant sa désaffectation partielle. Au XXIe siècle, l'édifice abrite un café associatif dans l'ancienne sacristie et un appartement à l'étage, tandis que la partie ouest, autrefois chapelle, a servi de grange. Classée monument historique en 1973, elle conserve une stèle gravée dédiée à madame A.M. Joubert, épouse du chevalier Lyrot, seigneur local.
L'histoire de la chapelle reflète les bouleversements religieux et politiques de l'Anjou. Sous l'Ancien Régime, elle était un lieu de culte actif, lié à l'autorité abbatiale puis à l'Ordinaire. Les dégradations récurrentes qu'elle subit aujourd'hui contrastent avec son rôle passé de marqueur spirituel et défensif. Son emplacement stratégique, sur une butte dominant la rivière Moine, soulignait son importance dans le paysage médiéval, entre protection et prière.
Architecturalement, la chapelle illustre la superposition des époques : le chœur roman à cinq fenêtres, la sacristie transformée en espace communautaire, et les traces des remaniements successifs. Les portails ogivaux, typiques du gothique naissant, coexistent avec des éléments plus anciens, créant un dialogue entre les styles. Les chapiteaux sculptés, bien que partiellement érodés, rappellent l'artisanat médiéval et le soin apporté à la décoration des lieux de culte, même modestes.
Le classement de 1973 a permis de préserver cet édifice hybride, à la fois religieux et profane. Les cloches disparues, la stèle gravée et les usages contemporains (café, logement) racontent une histoire de réappropriation continue. Malgré les dégradations récentes, la chapelle reste un témoignage tangible de l'histoire angevine, des abbayes médiévales aux défis de la conservation patrimoniale moderne.