Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Chapelle construite sur église paléochrétienne.
1945
Découverte des peintures
Découverte des peintures
1945 (≈ 1945)
Redécouverte par l’abbé Ajustro et Georges Fouet.
9 décembre 1946
Classement MH
Classement MH
9 décembre 1946 (≈ 1946)
Chapelle et cimetière protégés.
1950-1964
Restaurations des peintures
Restaurations des peintures
1950-1964 (≈ 1957)
Interventions de Moras et Malesset.
2010
Étude des peintures
Étude des peintures
2010 (≈ 2010)
Menée par Jean-Marc Stouffs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Jean et cimetière (cad. 544, 545) : classement par arrêté du 9 décembre 1946
Personnages clés
| Georges Fouet - Archéologue et instituteur |
Découvreur des vestiges gallo-romains en 1945. |
| Abbé Ajustro - Curé de Saint-Plancard |
Initiateur du décapage des peintures en 1945. |
| Abbé Laffargue - Curé de Miramont |
Collaborateur aux fouilles de 1945. |
| Jean-Marc Stouffs - Restaurateur de peintures |
Auteur de l’étude de 2010. |
| Marcel Durliat - Historien de l’art |
A étudié la chapelle en 1978. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Jean-des-Vignes de Saint-Plancard, classée monument historique en 1946, est un rare exemple d’architecture romane à double abside, avec une nef terminée par deux hémicycles opposés. Construite au XIIe siècle sur les fondations d’une église paléochrétienne elle-même érigée sur un temple païen, elle conserve des éléments gallo-romains réutilisés : autels votifs, cippes funéraires, statues et sarcophages. Son plan insolite, complété autrefois par un transept et deux absidioles (dont une a disparu), reflète une adaptation régionale des chapelles de montagne.
Les fouilles menées en 1945 par l’abbé Ajustro, l’abbé Laffargue et l’archéologue Georges Fouet ont révélé des peintures murales romanes des XIe et XIIe siècles, partiellement restaurées dans les années 1950 et 1964. Ces fresques, redécouvertes sous un enduit, ainsi que des vestiges gallo-romains (dont des offrandes au dieu Sutugius, assimilé à Mars), attestent de la superposition des cultes sur ce site. La chapelle, située sur un axe du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, abritait aussi des objets funéraires romains exposés in situ, comme des urnes cinéraires et des fragments de stèles.
L’édifice, propriété communale, est aujourd’hui fermé en raison de l’état dégradé de sa toiture. Son histoire archéologique a été documentée par des experts comme Marcel Durliat et Jean Rocacher, tandis que les peintures ont fait l’objet d’études approfondies, notamment par Jean-Marc Stouffs en 2010. Les éléments mobiliers (autels, statues, sarcophages) sont protégés au titre des monuments historiques, illustrant la richesse patrimoniale de ce site à la croisée des époques antique, paléochrétienne et médiévale.
Le mur sud, datant partiellement du XVIIIe siècle (porte de 1759), contraste avec la structure romane originale. Les murs gouttereaux ouest, refaits à cette période, témoignent des adaptations tardives. Le clocher, accolé au mur sud, complète cet ensemble architectural atypique, où se mêlent réemplois antiques, symbolisme religieux et traces des pèlerins médiévaux. La chapelle reste un jalon majeur du patrimoine occitan, lié à l’histoire culturelle de la Haute-Garonne.