Chapelle Saint-Joseph de Saint-Paulien en Haute-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle

Chapelle Saint-Joseph de Saint-Paulien

  • 72 Avenue de Ruessium
  • 43350 Saint-Paulien
Crédit photo : Gmbgreg2 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1125
Voûtes d'ogives anciennes
1140
Construction du chœur
1150
Construction de la nef
XIIe siècle
Construction initiale
XVe siècle
Ajout de la flèche
1598
Consécration de l'église
1688
Découverte de reliques
3 avril 1926
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Portail provenant de la commanderie de Montredon et formant actuellement l'entrée de la chapelle : inscription par arrêté du 7 janvier 1926

Origine et histoire de la Chapelle Saint-Joseph

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, église paroissiale catholique du centre d'Acy-en-Multien (Oise), se situe à la limite de la Seine-et-Marne. Principalement construite durant la période de transition du roman au gothique, l'édifice date du milieu du XIIe siècle et conserve une grande cohérence stylistique, à l'exception du croisillon nord et de deux chapelles rectangulaires qui flanquent la seconde travée du chœur. La base du clocher constitue la partie la plus ancienne ; elle présente l'une des voûtes d'ogives les plus anciennes du département ainsi que des chapiteaux archaïques, l'emploi de l'arc brisé renvoyant toutefois à une datation postérieure à 1125. Le chœur, daté des années 1140, et la nef basilicale des années 1150 offrent un bel ensemble d'ogives anciennes dont la diversité témoigne des recherches esthétiques et techniques à l'origine du gothique. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 3 avril 1926 et appartient aujourd'hui à la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc du Multien, où des messes dominicales sont célébrées une à deux fois par mois.

Orientée légèrement vers le sud-est, l'édifice présente un plan symétrique composé d'une nef flanquée de bas-côtés, d'une croisée du transept servant de première travée du chœur, d'une seconde travée, d'une abside en hémicycle peu profonde et de deux chapelles latérales. À l'exception de l'abside, non voûtée en cul-de-four, l'ensemble des vaisseaux est couvert d'ogives ; la nef est la partie la plus élevée et la base du clocher la plus basse. La façade occidentale donne sur la rue de la Libération et un petit parvis ; l'élévation septentrionale est en grande partie enclavée et le presbytère se situe devant le chevet.

La nef, formée de trois travées barlongues, atteint environ 11 m sous voûte pour 7 m de largeur ; ses élévations latérales s'organisent sur trois niveaux et ses fenêtres en plein cintre ont été en partie obturées par l'exhaussement des toits des bas-côtés, ce qui rend l'intérieur relativement sombre malgré des badigeons clairs. Les voûtes et doubleaux présentent une grande variété de profils : ogives en plein cintre ou à arêtes, doubleaux à tores multiples, colonnettes engagées ou libres, et chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de feuilles d'eau, de palmettes, de têtes et de motifs végétaux, dont beaucoup ont été altérés par l'humidité. Les grandes arcades en tiers-point à double rouleau retombent sur des pilastres chanfreinés et des colonnettes partiellement engagées ; dans les bas-côtés, l'architecture est plus massive et les ogives sont reçues sur des culs-de-lampe.

Le chœur, plus étroit et moins élevé que la nef, s'ouvre par un arc triomphal en arc brisé à double rouleau ; ses chapiteaux, souvent de qualité supérieure, présentent des motifs comparables à ceux de la cathédrale de Senlis. La base du clocher, de plan presque carré, communique par trois arcades à double rouleau et conserve une voûte d'ogives au profil utilitaire reposant sur des colonnettes implantées à 45°, ainsi qu'un ensemble varié de chapiteaux dont certains traduisent une influence normande. Le troisième étage du clocher adopte un plan octogonal et la flèche de pierre, attribuée au XVe siècle, a provoqué des renforts importants des piles ; plusieurs baies ont été bouchées et des contreforts ont été ajoutés pour assurer la stabilité.

Le croisillon nord et les chapelles latérales résultent de campagnes de reprise et d'ouvertures d'arcades ; leurs voûtes et baies appartiennent à époques différentes et mêlent remplages flamboyants, ouvertures en cintre surbaissé et réfections plus tardives. Le retable baroque de la Vierge, peint en faux-marbre et rehaussé d'or, encadre un grand tableau représentant l'Assomption et est flanqué de colonnes corinthiennes ; des fragments de vitraux du milieu du XVIe siècle subsistent dans la chapelle latérale nord. L'ancien maître-autel et le tabernacle de style rocaille, la cuve de la chaire à prêcher ornée de bas-reliefs et quelques panneaux réemployés complètent le mobilier, mais peu d'objets sont protégés au titre des monuments historiques.

L'extérieur, sobre et bâti en moyen appareil, présente peu d'ornementation sculptée ; les portails sont simples et les fenêtres dépourvues de riche décor, tandis que des remaniements en moellons et des contreforts témoignent d'interventions postérieures. Malgré cet aspect extérieur discret, l'édifice est reconnu pour l'intérêt de ses voûtements d'ogives très anciens et pour sa place dans les premières expérimentations du voûtement d'ogives dans l'Oise. Des dégradations liées à l'humidité persistent : plusieurs chapiteaux restent rongés et la base du clocher est interdite d'accès pour des raisons de sécurité, malgré des travaux ponctuels de restauration au XIXe et XXe siècles. L'histoire paroissiale est imparfaitement documentée : la tradition évoque une fondation vers 1010 sans preuve sûre, la paroisse dépendait autrefois du diocèse de Meaux et des archives mentionnent la découverte en 1688 d'une boîte contenant reliques et un parchemin relatif à une consécration de l'église en 1598. Enfin, l'église a servi de lieu d'inhumation pour des personnages notables selon des sources anciennes et a fait l'objet d'études soulignant sa valeur architecturale et historique.

Liens externes