Frise chronologique
1094 et 1125
Premières mentions de *Mons Rotundus*
Premières mentions de *Mons Rotundus*
1094 et 1125 (≈ 1125)
Cartulaire de l'abbaye de Psalmody
XIe siècle
Construction de la chapelle nord
Construction de la chapelle nord
XIe siècle (≈ 1150)
Première chapelle roman, prieuré lié à Psalmody
XIIe siècle
Édification de la chapelle sud
Édification de la chapelle sud
XIIe siècle (≈ 1250)
Style gothique primitif, seigneuriale et fortifiée
XVIIe siècle
Restauration post-guerres de Religion
Restauration post-guerres de Religion
XVIIe siècle (≈ 1750)
Réparations des deux chapelles endommagées
11 juillet 1973
Classement monument historique
Classement monument historique
11 juillet 1973 (≈ 1973)
Protection officielle de l'édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Julien de Montredon (cad. C 330) : classement par arrêté du 11 juillet 1973
Personnages clés
| Propriétaire de la villa romaine - Anonyme (plaque scellée) |
Nom gravé sur la pierre d’identification |
| Seigneurs de Montredon - Commanditaires présumés |
Chapelle sud édifiée au XIIe siècle |
| Moines de l’abbaye de Psalmody - Gestionnaires du prieuré |
Lié à la chapelle nord (XIe siècle) |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Julien de Montredon, située à Salinelles dans le Gard, est un édifice roman construit aux XIe et XIIe siècles sur les vestiges d’une villa gallo-romaine. Les fouilles ont révélé des éléments antiques comme des canalisations de thermes, un linteau en marbre blanc et une plaque d’identification scellée dans le passage entre les deux corps de bâtiment. Ces vestiges témoignent de l’occupation romaine du site, notamment grâce à une voie romaine proche menant à Ambrussum.
L’édifice actuel se compose de deux chapelles parallèles : la plus ancienne (XIe siècle), au nord, appartenait à un prieuré dépendant de l’abbaye de Psalmody, tandis que la seconde (XIIe siècle), au sud, fut probablement édifiée par les seigneurs de Montredon. Les deux chapelles, endommagées pendant les guerres de Religion, furent restaurées au XVIIe siècle. Leur double structure reflète à la fois un usage religieux (pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle) et une fonction défensive, comme en témoigne le style gothique primitif de la chapelle méridionale.
La chapelle nord, exemplaire de l’art roman languedocien, présente un chevet semi-circulaire orné de lésènes et de bandes lombardes, surmonté d’une frise en dents d’engrenage. Son clocher massif et ses contreforts puissants contrastent avec la chapelle sud, couverte de lauzes et dotée d’un chevet polygonal. Le site, classé monument historique en 1973, illustre aussi la réutilisation de techniques antiques : ses arcs de plein-cintre, assemblés avec des tiges de fer, rappellent ceux du temple de Diane à Nîmes, tandis que la calcite naturelle soude les pierres entre elles.
Les textes médiévaux mentionnent Montredon sous les noms Mons Rotundus (1094, 1125) ou Castrum de Monte-Rotundo (1384), confirmant son rattachement à la viguerie de Sommières et au diocèse de Nîmes. La chapelle, citée comme Ecclesia de Monte-Rotundo en 1386, était un lieu de culte majeur, lié à l’archidiaconat d’Alès. Son décor sculpté (quadrupèdes, oiseaux, basilic) et ses arcatures lombardes en font un témoignage rare de l’architecture religieuse méridionale.
Aujourd’hui propriété de la commune, la chapelle Saint-Julien de Montredon conserve des traces de son passé multiforme : villa romaine, prieuré médiéval, halte pour pèlerins et édifice fortifié. Son classement en 1973 et sa localisation près du Vidourle en font un site patrimonial clé de l’Occitanie, mêlant histoire antique, art roman et héritage médiéval.