Frise chronologique
fin XIe siècle (vers 1097)
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
fin XIe siècle (vers 1097) (≈ 1195)
Première mention dans le *Grand Cartulaire*.
1245
Quête pour financer la voûte
Quête pour financer la voûte
1245 (≈ 1245)
Organisée par Bertrand de Saint-Loubès.
milieu XIIIe siècle (vers 1245)
Construction de la chapelle actuelle
Construction de la chapelle actuelle
milieu XIIIe siècle (vers 1245) (≈ 1350)
Sous Bertrand de Saint-Loubès, abbé.
XIVe siècle
Ajout de peintures murales
Ajout de peintures murales
XIVe siècle (≈ 1450)
Vestiges conservés dans le chœur.
1789
Perte de la vocation religieuse
Perte de la vocation religieuse
1789 (≈ 1789)
Devenue bien national en 1790.
1992
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1992 (≈ 1992)
Inscrite avec son sol archéologique.
2000
Inauguration après restauration
Inauguration après restauration
2000 (≈ 2000)
Rachetée par la commune en 1980.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle et sol archéologique attenant à celle-ci (cad. C 642) : inscription par arrêté du 7 octobre 1992
Personnages clés
| Bertrand de Saint-Loubès - Abbé de La Sauve-Majeure |
Commanditaire de la chapelle vers 1245. |
| Alix Barbet - Chercheuse au CNRS |
Spécialiste des peintures murales (XIVe). |
| Bernard Fournier - Maître-verrier bordelais |
Auteur des vitraux contemporains. |
| François de Sourdis - Archevêque de Bordeaux |
Constata son mauvais état en 1610. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Loup, située rue du Prieuré à Saint-Loubès (Gironde), est un édifice roman du XIIe siècle, dernier témoin d’un prieuré bénédictin fondé par les moines de l’abbaye de La Sauve-Majeure à la fin du XIe siècle. Elle faisait partie d’un ensemble plus vaste incluant cloître, dortoirs et réfectoire, aujourd’hui disparus. Ce prieuré, lieu d’accueil pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, est mentionné dès 1097 dans le Grand Cartulaire. Son système de construction en petits moellons cubiques suggère une origine antérieure, peut-être carolingienne.
La chapelle actuelle fut édifiée vers le milieu du XIIIe siècle sous l’autorité de Bertrand de Saint-Loubès, abbé de La Sauve-Majeure. Un programme de transformation (1220-1230) prévoyait un voûtement de l’église, mais les travaux restèrent inachevés faute de moyens. En 1245, Bertrand organisa une quête provinciale pour financer la voûte. Au XIVe siècle, des peintures murales furent ajoutées, dont il subsiste des vestiges dans le chœur.
La chapelle perdit sa vocation religieuse en 1789, fut vendue comme bien national en 1790, puis transformée en chai au XIXe siècle. Rachetée par la commune en 1980, elle fut restaurée et inaugurée en 2000. Depuis 1996, elle abrite des activités artistiques (théâtre, chorales). Trois sarcophages, découverts en 1990, témoignent de réutilisations funéraires au XVIe siècle, probablement issus d’un site gallo-romain voisin.
Architecturalement, la chapelle se compose d’un vaisseau rectangulaire à chevet plat, avec une voûte d’ogives quadripartites dans le chœur. Les peintures murales du XIVe siècle, partiellement conservées, représentent des figures bibliques (Adam, Ève) et des motifs végétaux. Une niche dans le mur nord pourrait avoir servi de passage vers les bâtiments conventuels lors des afflux de pèlerins.
Classée monument historique en 1992, la chapelle illustre l’histoire religieuse et architecturale de la Gironde, liée à l’abbaye de La Sauve-Majeure et aux routes jacquaires. Son décor peint, étudié par Alix Barbet (CNRS), et ses vitraux contemporains de Bernard Fournier soulignent son double héritage médiéval et culturel actuel.