Frise chronologique
844
Première mention écrite
Première mention écrite
844 (≈ 844)
Acte de Charles le Chauve confirmant sa possession.
IXe-XIe siècle
Construction présumée
Construction présumée
IXe-XIe siècle (≈ 1150)
Débat sur la datation exacte.
XIIe siècle
Peinture des fresques
Peinture des fresques
XIIe siècle (≈ 1250)
Cycle roman complet dans le chœur.
1908
Premier classement MH
Premier classement MH
1908 (≈ 1908)
Protection au titre des monuments historiques.
1950-1960
Restauration
Restauration
1950-1960 (≈ 1955)
Dégagement des fresques et réparation du mur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle, ainsi que l'enclos attenant de l'ancien cimetière (cad. A 390, 391) : classement par arrêté du 1er août 1967
Personnages clés
| Charles le Chauve - Roi des Francs |
Confirme sa possession en 844. |
| Maître de Fenollar - Peintre anonyme |
Auteur des fresques du XIIe siècle. |
| Alisende - Donatrice (1187) |
Lègue des biens à la chapelle. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Martin-de-Fenollar, située dans le hameau éponyme près de Maureillas-las-Illas (Pyrénées-Orientales), est un rare exemple d’architecture préromane à influence wisigothique en Septimanie. Son plan trapézoïdal, sa voûte en berceau et son arc triomphal outrepassé (en fer à cheval) datent probablement entre le IXe et le début du XIe siècle, bien que sa voûte puisse être une addition ultérieure. Une cella monacale attestée dès 844, elle dépendait alors de l’abbaye bénédictine d’Arles-sur-Tech, servant de petite dépendance pour quelques moines.
Les fresques du chœur, peintes au XIIe siècle par un artiste surnommé le « maître de Fenollar », forment un cycle roman complet : Nativité, Adoration des Mages, Vieillards de l’Apocalypse, et Christ en majesté. Ces œuvres, partiellement détruites lors de la transformation de la chapelle en remise agricole à l’époque moderne, furent restaurées dans les années 1950-1960. Le mur oriental du chœur, percé d’une porte, avait alors causé la perte d’une partie des peintures.
Classée monument historique dès 1908 (classement étendu en 1967), la chapelle illustre la transition entre les traditions wisigothiques et l’art roman. Son décor peint, comparable à celui de l’église Sainte-Marie de La Cluse-Haute, témoigne d’un atelier régional actif. Les bancs de pierre le long de la nef rappellent son usage communautaire, tandis que des fragments de peintures subsistent sur les murs, évoquant un décor initial couvrant l’ensemble de l’édifice.
Un testament de 1187 mentionne une donatrice nommée Alisende, léguant des biens « inter panem et vinum » à la chapelle, soulignant son rôle dans la vie religieuse locale. Les débats persistent sur la datation exacte de sa construction, certains éléments architecturaux (comme la voûte) pouvant dater du XIIe siècle, remplaçant une charpente primitive. Aujourd’hui, elle incarne un patrimoine catalan médiéval préservé, lié à l’histoire du royaume wisigoth de Toulouse puis de Tolède.