Frise chronologique
1199
Premier texte mentionnant un chapelain
Premier texte mentionnant un chapelain
1199 (≈ 1199)
Preuve de l’activité religieuse à Jougne.
4e quart XIe - 1er quart XIIe siècle
Construction du prieuré et de la chapelle
Construction du prieuré et de la chapelle
4e quart XIe - 1er quart XIIe siècle (≈ 1225)
Fondation bénédictine sur l’itinéraire Dijon-Valais.
XVIe siècle
Disparition de l’abside originale
Disparition de l’abside originale
XVIe siècle (≈ 1650)
Due à des glissements de terrain.
XIXe siècle
Renforcement des contreforts
Renforcement des contreforts
XIXe siècle (≈ 1865)
Stabilisation après glissements de terrain.
1866
Agrandissement du cimetière
Agrandissement du cimetière
1866 (≈ 1866)
Plans de l’architecte L. Girod.
30 avril 1930
Classement monument historique
Classement monument historique
30 avril 1930 (≈ 1930)
Protection officielle de la chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Maurice : classement par arrêté du 30 avril 1930
Personnages clés
| Maurice d'Agaune - Saint patron de la chapelle |
Reliques conservées dans l’église paroissiale. |
| L. Girod - Architecte du XIXe siècle |
A conçu l’agrandissement du cimetière. |
| Géraldine Mélot - Historienne de l’art roman |
Auteure d’une thèse sur les églises comtoises. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Maurice, située à Jougne en Bourgogne-Franche-Comté, est le dernier vestige d’un prieuré bénédictin fondé entre le 4e quart du XIe siècle et le 1er quart du XIIe siècle. Ce prieuré servait de relais sur l’itinéraire monastique reliant les abbayes de Saint-Bénigne de Dijon, Saint-Marcel de Chalon et Saint-Maurice d’Agaune (Valais, Suisse). Bâtie à flanc de coteau, la chapelle était initialement dotée d’une abside à trois pans coupés, typique de l’architecture romane comtoise, mais celle-ci disparut au XVIe siècle à cause de glissements de terrain. Au XIXe siècle, des contreforts massifs furent ajoutés pour stabiliser l’édifice, lui donnant sa silhouette actuelle.
À l’intérieur, la nef unique à quatre travées, dont une surélevée pour le chœur, abrite des chapiteaux sculptés de motifs végétaux et de personnages. La crypte romane, accessible uniquement par des sources historiques, servait de lieu de culte à saint Maurice, dont les reliques sont aujourd’hui conservées dans l’église paroissiale de Jougne. Cette crypte, de taille modeste, était aussi un lieu de pèlerinage et de soutènement pour le chœur, avec trois travées voûtées d’arêtes et des absidioles latérales.
Le prieuré de Jougne, mentionné dans un texte de 1199, jouait un rôle clé comme halte pour les moines traversant le Jura par le col de Jougne, entre le Valais et la Bourgogne. Les échanges locaux se limitaient à des produits agricoles et au sel des salines de Salins. La chapelle, classée monument historique le 30 avril 1930, témoigne de l’influence des abbayes bénédictines dans la région. Son cimetière adjacent, agrandi en 1866, conserve des tombes remarquables, comme celles d’un ecclésiastique ou d’un franc-maçon.
Architecturalement, la chapelle se distingue par son portail en plein cintre sans tympan et sa voûte en berceau brisé, rare en Franche-Comté hors de l’abbatiale de Montbenoît. Les chapiteaux, notamment ceux de la première travée du chœur, illustrent un mélange de décors végétaux et de figures humaines stylisées, reflétant l’art roman local. Malgré les modifications subies (fermeture du pignon sud, ajout de contreforts), l’édifice reste un exemple emblématique du patrimoine religieux médiéval de la région.
Son histoire est aussi marquée par des glissements de terrain récurrents, ayant entraîné la perte de l’abside d’origine et des renforcements structurels aux XIXe siècle. Aujourd’hui propriété de la commune, la chapelle, entourée de son cimetière du XIXe siècle, constitue un lieu de mémoire lié au culte de saint Maurice et à l’histoire monastique transjurassienne.