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Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro dans le Morbihan

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle gothique

Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro

    2 Saint-Méen56460 La Chapelle-Caro
Propriété de la commune
Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
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Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
Chapelle Saint-Méen de La Chapelle-Caro
Crédit photo : Yodaspirine - Sous licence Creative Commons

Patrimoine classé

Chapelle Saint-Méen (cad. A 903) : inscription par arrêté du 17 septembre 1973

Origine et histoire de la Chapelle Saint-Méen

La chapelle Saint-Méen, édifiée au XVIIe siècle à La Chapelle-Caro (aujourd’hui intégrée à Val-d’Oust), est un exemple emblématique des petites chapelles rurales du sud-est du Morbihan. Dédiée à saint Méen, un ermite breton du VIe siècle vénéré pour ses vertus thaumaturges, elle fut probablement construite à l’initiative d’une communauté locale ou d’un seigneur, bien que les archives manquent pour préciser son commanditaire exact. Son architecture modeste, en schiste d’appareil irrégulier, reflète les ressources limitées des paroisses bretonnes de l’époque, tout en intégrant des éléments réemployés de périodes antérieures, comme la porte sud du XVe siècle.

Au XVIIe siècle, la Bretagne, marquée par la Contre-Réforme catholique, voit se multiplier les constructions ou rénovations d’édifices religieux pour affirmer la foi face au protestantisme. La chapelle Saint-Méen s’inscrit dans ce mouvement, avec une décoration sobre mais symbolique, comme la fenêtre en losange du chevet, typique du style gothique flamboyant tardif. Les chapelles de ce type servaient aussi de lieux de rassemblement pour les pardons, pratiques encore vivaces aujourd’hui, mêlant dévotion populaire et identité culturelle bretonne.

La chapelle a subi plusieurs remaniements, notamment en 1753 et 1843, comme en témoignent les inscriptions gravées sur la porte sud. Ces modifications, souvent mineures (réparation de la charpente, consolidation des murs), visaient à préserver l’édifice face aux intempéries et à l’usure du temps. La charpente, probablement de type armoricain – une technique locale utilisant des fermes en bois assemblées sans clou –, illustre le savoir-faire artisanal breton, adapté aux matériaux disponibles.

Aucun événement historique majeur n’est directement associé à la chapelle, mais son rôle dans la vie spirituelle locale est attestée par la perpétuation du pardon annuel, célébré le dernier dimanche d’août. Ce rassemblement, mêlant procession, messe et parfois foire, perpétue une tradition remontant au Moyen Âge, où les chapelles rurales étaient des haltes pour les pèlerins se rendant vers de grands sanctuaires, comme celui de Saint-Méen à Plélan-le-Petit. Au XXe siècle, la chapelle a bénéficié d’une reconnaissance patrimoniale avec son inscription aux monuments historiques en 1973, protégeant ainsi son architecture et son mobilier.

Les trois statues qu’elle abrite – une Vierge à l’Enfant du XVIe siècle et deux représentations de saint Méen (1618 et XVIIIe siècle) – ont été classées en 1985, soulignant leur valeur artistique et religieuse. Aujourd’hui, la chapelle reste un lieu de culte occasionnel et un témoignage de l’héritage religieux breton, attirant visiteurs et fidèles lors des pardons. Son environnement immédiat, le lieu-dit Saint-Méen, évoque une occupation ancienne, peut-être liée à une source ou à un chemin de pèlerinage aujourd’hui disparu.

Comme beaucoup de chapelles bretonnes, elle était probablement entourée d’un placître (enclos paroissial), aujourd’hui réduit ou disparu, où se tient encore la fête annuelle. Son isolement relatif, loin des grands axes, a préservé son authenticité, en faisant un exemple rare de patrimoine rural intact. La croix du XVIIe siècle, située à proximité, complète l’ensemble et rappelle le rôle des chapelles comme repères dans le paysage.

Ces croix, souvent érigées aux carrefours ou près des édifices religieux, servaient de points de prière pour les voyageurs et les paysans, renforçant le maillage sacré du territoire. Leur présence témoigne de l’importance de la christianisation des campagnes bretonnes, où chaque lieu-dit pouvait avoir sa chapelle ou son oratoire. Enfin, la chapelle Saint-Méen illustre la résilience du patrimoine breton face aux bouleversements modernes.

Malgré la désertification rurale et la sécularisation, elle continue de jouer un rôle social et identitaire, notamment grâce aux associations locales qui organisent sa maintenance et les pardons. Ces initiatives montrent comment un petit édifice, en apparence modeste, peut incarner la mémoire collective d’une région et sa vitalité culturelle.

Liens externes

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