Origine et histoire de la Chapelle Saint-Michel
La chapelle Saint-Michel d’Épinal, de style gothique, a été édifiée entre 1477 et 1479 sur un éperon de grès rose, le Mont-le-Duc, à proximité du centre d’Épinal, dans les Vosges. Elle est la seule chapelle médiévale subsistant dans la périphérie de la ville et ses voûtes conservent des peintures murales du XVe siècle. Une travée néo-romane a été ajoutée en 1876. La chapelle est inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis le 6 mai 1992. Elle a également été appelée chapelle du patronage ou chapelle des Franciscains.
La chapelle a été fondée le 18 mars 1479 par le bourgeois René Molot, l’un des quatre jurés-gouverneurs de la ville entre 1464 et 1476, après accord du chapitre d’Épinal et du duc René II ; deux messes hebdomadaires y étaient célébrées pour le repos de son âme. Dès l’origine elle est dédiée à saint Michel, dont le culte connaît à la fin du Moyen Âge un renouveau dans le Nord-Est de la France, lié notamment à la spiritualité de Jeanne d’Arc. À partir du XVe siècle, la chapelle a donné son nom au faubourg en contrebas, puis à la rue et au cimetière établi à la Révolution. Vendue comme bien national le 20 décembre 1791, elle a été utilisée pendant quatre-vingts ans à des fins agricoles.
Le 22 décembre 1876, l’abbé Michel Auguste Brenier, curé d’Épinal, l’acheta et mena une campagne de restauration de 1876 à 1880, ajoutant la travée néo-romane qui forme la façade ouest et restituant la chapelle au culte. À sa mort le 15 septembre 1900, il la légua à la paroisse, et un bâtiment fut accolé à l’est pour les activités de patronage. Un gardien y habitait jusqu’en 1987, mais l’édifice fut ensuite progressivement abandonné et victime de vandalisme, ce qui poussa l’association propriétaire à intervenir. Après son inscription au supplément des monuments historiques en 1992, M. Gérard Adam entreprit sa rénovation à partir de 1993 ; le bâtiment adjacent fut démoli et les abords aménagés.
Les fresques du XVe siècle qui décorent les voûtes du chœur et de la dernière travée de la nef figurent parmi les mieux conservées du département, mais elles nécessitent une restauration. Celles du chœur représentent le Jugement dernier, l’entrée au Paradis avec saint Michel et saint Pierre, ainsi que des anges musiciens ; l’avant-chœur offre une représentation des quatre évangélistes, accompagnée de motifs floraux et des animaux symboliques comme l’aigle de Jean et le taureau de Luc.
L’ensemble pictural était complété par une mise au tombeau, vraisemblablement installée dans la chapelle du flanc sud, contemporaine du chœur et de l’avant-chœur. Elle comprenait huit personnages : Joseph d’Arimathie et Nicodème encadrant le corps du Christ sur un sarcophage, tandis qu’à l’arrière se tenaient la Vierge, saint Jean, Marie-Madeleine, Marie-Cléophas et Marie-Salomé. Cette mise au tombeau a été transférée en 1809 à l’actuelle basilique Saint-Maurice d’Épinal pour remplacer un ensemble détruit en 1792 ; elle s’y trouve toujours et a été classée comme objet immobilier avec l’église dès 1846.
Les autres statues anciennes avaient été vendues en 1809, de sorte que les pièces remarquables actuellement visibles résultent des récentes campagnes de restauration. En 1996, une statue en tilleul représentant saint Michel, commandée à l’artiste Monik Grandemange, a été placée dans la petite chapelle où se trouvait la mise au tombeau. En 2004, trois statues de pierre provenant de la façade de l’école de la Bourse, place Jeanne d’Arc — une Vierge à l’Enfant, une Jeanne d’Arc et un Saint Vincent de Paul —, installées initialement en 1872, ont été réintégrées dans la chapelle.