Origine et histoire de la Chapelle Saint-Michel
La chapelle Saint-Michel de Fuveau, située dans les Bouches-du-Rhône, trouve ses origines au VIIIe siècle, lorsque les premiers habitants, des Celto-Ligures influencés par Massalia et Rome, se regroupent autour d’un ermitage bénédictin. Le site, mentionné dès 1098 dans un acte de Foulque, prévôt d’Aix, confirme l’existence de deux églises : une paroissiale et la chapelle Saint-Michel, alors possession de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Les moines bénédictins, actifs aux XIe et XIIe siècles, défrichent les terres et attirent de nouvelles familles, structurant le village naissant.
Au XIVe siècle, la chapelle est rebâtie : son abside romane, sa voûte en berceau brisé et ses doubleaux datent de cette période, tandis que des éléments néogothiques suggèrent un agrandissement. Le cimetière attenant, utilisé jusqu’en 1742, témoigne de son statut d’église paroissiale et monastique. En 1677, l’entrepreneur Masse consolide l’édifice, avant que l’évêque d’Aix n’ordonne le transfert du cimetière en 1742, puis en 1847. La chapelle, classée Monument Historique en 1982, conserve des traces de sa dévotion à saint Michel, notamment lors de la peste de 1720, où le vicaire Rossolin la consacre à saint Roch.
Le site s’inscrit dans un contexte féodal marqué par les remparts du XIVe siècle et l’influence des seigneurs locaux, comme les Peyssonel. Au XVIIe siècle, Fuveau se développe autour de l’extraction artisanale du charbon, activité attestée par les archives notariales. La chapelle, initialement cœur du castrum médiéval, perd son rôle paroissial au profit de l’église du village, construite sur la colline de Rocaoudo. Son isolement actuel contraste avec son passé central, lié aux pèlerinages et aux traditions rurales, comme la fête de la Saint-Jean.
Les sources archéologiques évoquent aussi une occupation gallo-romaine, avec des villas le long de la voie aurélienne et des tombes à tuiles découvertes près du quartier du Castellas. Ces vestiges, associés aux monnaies romaines, soulignent la continuité du peuplement. Cependant, aucune preuve matérielle ne confirme la thèse d’un castrum fortifié dès le Ve siècle autour de la chapelle. Son histoire reste ainsi liée aux dynamiques religieuses et économiques de la Provence, des Bénédictins aux charbonniers du XVIIIe siècle.
La chapelle Saint-Michel illustre enfin les transformations liturgiques et sociales : d’abord lieu de culte et de sépulture, elle devient un symbole de résistance face aux épidémies, comme en témoigne l’ex-voto conservé. Son architecture, mêlant roman et néogothique, reflète les réaménagements successifs, tandis que son pèlerinage annuel perpétue une tradition médiévale, autrefois rythmée par les fifres et les tambours (bachas).