Frise chronologique
vers 1160
Première mention écrite
Première mention écrite
vers 1160 (≈ 1160)
Chapelle citée dans les textes.
début XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
début XIIe siècle (≈ 1204)
Édification de l'abside romane.
1221
Cession à l'abbaye
Cession à l'abbaye
1221 (≈ 1221)
Guillaume de Lestre renonce à ses droits.
XIVe siècle
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout d'une chapelle latérale.
1789
Vente post-Révolution
Vente post-Révolution
1789 (≈ 1789)
Devenue propriété privée.
1817
Pillage des pierres
Pillage des pierres
1817 (≈ 1817)
Utilisée comme carrière.
1862
Classement MH
Classement MH
1862 (≈ 1862)
Première protection en Manche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Michel (ruines) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Guillaume de Lestre - Seigneur local |
Renonce à ses droits en 1221. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur général |
Classe la chapelle en 1862. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Michel de Lestre, édifiée au premier tiers du XIIe siècle, est un ancien édifice catholique aujourd’hui en ruines. Située dans le département de la Manche, en Normandie, elle se dresse sur une butte dominant la vallée de la Sinope et la baie de Saint-Vaast. Classée parmi les premiers monuments historiques de la Manche en 1862, elle était un lieu de passage pour les pèlerins se rendant au Mont-Saint-Michel ou à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Son origine semble liée à un sanctuaire païen, remplacé par cette chapelle castrale, comme en témoignent les vestiges d’un « château » visibles jusqu’au début du XXe siècle. Mentionnée pour la première fois vers 1160, elle fut cédée à l’abbaye de Blanchelande en 1221 après que Guillaume de Lestre y renonce à ses droits. Après la Révolution, vendue en 1817, elle servit de carrière et ses pierres furent pillées.
Architecturalement, la chapelle combine des éléments romans et gothiques. Son abside semi-circulaire du XIIe siècle, ornée de modillons sculptés, contraste avec la chapelle latérale gothique ajoutée au XIVe siècle. À l’intérieur, on trouvait un autel dédié à saint Jacques, ainsi qu’un gisant et des statues dégradées dans l’enfeu gothique. La nef, agrandie d’un bas-côté, abritait aussi une représentation de la sainte Trinité.
La chapelle fut le premier monument de la Manche classé en 1862 par Prosper Mérimée. Son rôle dans les pèlerinages transmanche et son mélange de styles architecturaux en font un témoignage rare de l’histoire religieuse et médiévale de la région. Les ruines, aujourd’hui protégées, rappellent son importance passée comme lieu de culte et d’étape pour les voyageurs.