Première mention 1160 (≈ 1160)
La chapelle est mentionnée pour la première fois vers cette date.
1221
Changement de patronage
Changement de patronage 1221 (≈ 1221)
Guillaume de Lestre renonce à ses droits et le patronage revient à l'abbaye de Blanchelande.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale XIIe siècle (≈ 1250)
Édification de la chapelle à la charnière du roman et du gothique.
XIVe siècle
Ajouts gothiques
Ajouts gothiques XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout d'une chapelle gothique latérale et prolongation de la nef par un bas-côté.
1817
Pillage des pierres
Pillage des pierres 1817 (≈ 1817)
Les pierres de la chapelle sont pillées après avoir été vendue suite à la Révolution française.
1862
Classement historique
Classement historique 1862 (≈ 1862)
La chapelle est classée au titre des monuments historiques par Prosper Mérimée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Michel (ruines) : classement par liste de 1862
Personnages clés
Guillaume de Lestre
Seigneur ayant renoncé à ses droits sur la chapelle en 1221.
Prosper Mérimée
Inspecteur général ayant classé la chapelle en 1862.
Origine et histoire de la Chapelle Saint-Michel
La chapelle Saint-Michel de Lestre est un ancien édifice catholique du premier tiers du XIIe siècle, aujourd'hui en ruines sur la commune de Lestre (Manche, Normandie). Elle se situe au hameau du Bourg de Lestre, sur une butte dominant la vallée de la Sinope et la baie de Saint-Vaast, à 1,9 kilomètre au sud-est de l'église Saint-Martin de Lestre, et se trouvait sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques. Sa situation et sa dédicace suggèrent qu'elle a remplacé un sanctuaire païen, et une tradition populaire y place l'emplacement d'une ancienne vigie. Elle a certainement servi de chapelle castrale : on observait encore autour d'elle, en 1900, les vestiges d'un « château ». Les cultes qui s'y sont succédé et sa proximité avec Barfleur indiquent qu'elle était un lieu de passage pour des pèlerins venant d'outre-Manche en route vers le Mont-Saint-Michel ou Saint-Jacques-de-Compostelle. La chapelle est mentionnée pour la première fois vers 1160 ; vers 1221 Guillaume de Lestre renonce à ses droits et le patronage revient à l'abbaye de Blanchelande. Vendue après la Révolution française, elle sert de carrière et ses pierres sont pillées en 1817. Orientée est‑ouest, l'édifice se situe à la charnière du roman et du gothique, avec des chapiteaux romans et des arcades gothiques. L'abside romane en grès, voûtée en cul-de-four, est épaulée par deux contreforts plats en calcaire ; on distingue au sud un appareil en opus spicatum dans la maçonnerie. Une corniche sculptée, ornée de modillons à visages grimaçants et de motifs géométriques, coiffe les murs percés de deux fenêtres étroites et ébrasées. L'abside abrite le maître-autel, une statue décapitée de saint Jacques pèlerin du XVe siècle, une statue d'évêque et un chapiteau déposé du XIIe siècle. Au XIVe siècle, la chapelle à nef unique et transept a été complétée au nord par une chapelle gothique latérale et la nef a été prolongée au sud par un bas-côté ouvert latéralement par deux arcs brisés ; ce bas-côté s'ouvre sur le transept par un arc roman et contient une représentation de la Sainte Trinité dans son angle sud-est. La chapelle gothique s'ouvre par une baie ogivale et renferme un enfeu encadré de pilastres surmontés de pinacles ; l'enfeu contient un gisant très dégradé posé sur deux cylindres et flanqué de deux statues en pied également très dégradées. Elle abrite enfin un autel latéral surmonté d'un haut-relief des saints Côme et Damien, daté du XVe siècle. En 1862, elle fut le premier monument classé au titre des monuments historiques de la Manche par l'inspecteur général Prosper Mérimée et portée sur la liste des monuments historiques de 1862.