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Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues à Aubais dans le Gard

Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues

    458 Chemin du Mas de Foukart
    30250 Aubais
Propriété de la commune
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Chapelle Saint-Nazaire de Marissargues
Crédit photo : EmDee - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
1095-1155
Mentions médiévales
1125
Donation épiscopale
1782
Portail classique
2001-2004
Fouilles archéologiques
15 septembre 2016
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, la chapelle Saint-Nazaire de Merissargues ainsi que l'ensemble des vestiges archéologiques attenant y compris le sol des parcelles B 1682 et 1683 : inscription par arrêté du 15 septembre 2016

Personnages clés

Mathieu Ott - Archéologue Dirigea les fouilles (2001-2004).
Évêque de Nîmes (anonyme) - Donateur Céda l’église à Psalmodi avant 1125.

Origine et histoire

La chapelle Saint-Nazaire-de-Marissargues, située à 1 km au sud-est d’Aubais dans le Gard, trouve ses origines au VIIIe siècle comme église carolingienne. Elle était alors entourée d’un vaste cimetière comptant 1500 tombes rupestres anthropomorphes, dont les plus anciennes datent des VIIIe-IXe siècles. Les fouilles (2001-2004) dirigées par Mathieu Ott ont révélé que ces sépultures, utilisées sur 250 ans, provenaient probablement des fermes environnantes, suggérant un statut paroissial malgré l’absence d’habitat groupé. L’absence de sources écrites de l’époque carolingienne laisse planer un doute sur cette fonction, mais l’usage prolongé du cimetière accrédite cette hypothèse.

Au XIe siècle, un prieuré dépendant de l’abbaye bénédictine de Psalmodi (Saint-Laurent-d’Aigouze) s’installe au nord de l’église. Les textes médiévaux mentionnent Aubais sous les noms d’Albais (1095), Albassium (1125), et Albatium (1155), confirmant la donation de l’église à Psalmodi par l’évêque de Nîmes avant 1125. Le prieuré, d’abord simple dépendance monastique, évolue en prieuré fortifié avant d’être abandonné au XVe siècle. Les inhumations, rares dès les XIe-XIIe siècles, cessent définitivement à cette période.

La chapelle actuelle, remaniée à plusieurs reprises, conserve des traces de fresques du XIVe siècle. Un logis ou ermitage lui est accolé au sud entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, comme en témoigne le portail classique daté de 1782. La façade ouest, en moellons cantonnés de pierre de taille, présente un clocheton à fronton triangulaire, tandis que le chevet plat, partiellement carolingien, conserve des assises alternées de molasse locale. Le site, inscrit aux Monuments Historiques en 2016, domine un itinéraire médiéval nord-sud reliant Calvisson à Saint-Laurent-d’Aigouze, offrant une vue jusqu’à la Méditerranée.

Le cimetière rupestre, exceptionnel par son ampleur, a été utilisé jusqu’au XVe siècle. Les tombes anthropomorphes à loges céphaliques, creusées dans la roche, reflètent les pratiques funéraires carolingiennes et médiévales. Les fouilles ont aussi mis au jour des peintures murales superposées, dont certaines pourraient dater du XIVe siècle. Aujourd’hui propriété communale, la chapelle et ses vestiges archéologiques (parcelles B 1682 et 1683) sont protégés dans leur intégralité, incluant le sol et les structures attenantes.

L’édifice s’inscrit dans un paysage de garrigue arborée, accessible depuis Aubais par la route d’Aigues-Vives et le chemin de Saint-Nazaire. Son isolement initial, loin d’un habitat groupé, et son rôle supposé de lieu de rassemblement pour les populations rurales environnantes en font un témoignage rare de l’organisation religieuse et funéraire du haut Moyen Âge en Occitanie. Les modifications architecturales ultérieures (prieuré, ermitage, portail du XVIIIe) illustrent son évolution au fil des siècles, entre culte, défense et ermitage.

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