Frise chronologique
1059
Premier testament mentionnant l'hôpital
Premier testament mentionnant l'hôpital
1059 (≈ 1059)
Don de Loup-Eneco, vicomte de Baïgorry.
1106
Citation de l'hôpital dans un acte
Citation de l'hôpital dans un acte
1106 (≈ 1106)
*Hospitale Sancti Nicolai de Arambels* mentionné.
1209
Don de terres par Pierre-Arnaud I
Don de terres par Pierre-Arnaud I
1209 (≈ 1209)
Baron de Luxe, Lantabat et Ostabat.
fin XIIe - XIIIe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
fin XIIe - XIIIe siècle (≈ 1395)
Postérieure à l'hôpital du XIe siècle.
XVIIe siècle
Décor intérieur et retable
Décor intérieur et retable
XVIIe siècle (≈ 1750)
Voûte peinte, tribune, retable saint Nicolas.
1760
Mort du dernier prieur
Mort du dernier prieur
1760 (≈ 1760)
Jacques de Borda inhumé dans la chapelle.
1784
Suppression des prieurés-hôpitaux
Suppression des prieurés-hôpitaux
1784 (≈ 1784)
Édit de Louis XVI rattachant l'hôpital à Saint-Palais.
1795
Rachat comme bien national
Rachat comme bien national
1795 (≈ 1795)
Par les familles des anciens donats.
1944, 1987
Premières protections MH
Premières protections MH
1944, 1987 (≈ 1987)
Inscriptions remplacées en 2001.
2001
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2001 (≈ 2001)
Décret du 19 février 2001.
2008-2010
Restauration complète
Restauration complète
2008-2010 (≈ 2009)
Décors intérieurs et structure préservés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pour être remise en état, la chapelle (cad. B 87) : classement par décret du 19 février 2001
Personnages clés
| Loup-Eneco (Lope Eneco) - Vicomte de Baïgorry |
Premier donateur en 1059 (testament). |
| Loup II-Eneco - Petit-fils de Loup-Eneco |
Don en espèces en 1106. |
| Pierre-Arnaud I - Baron de Luxe, Lantabat et Ostabat |
Don de terres en 1209. |
| Jacques de Borda - Dernier prieur d'Harambels |
Décédé en 1760, inhumé dans la chapelle. |
| Odilon Redon - Artiste |
Dessin de la chapelle en 1866 (hôpital visible). |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Nicolas d'Harambels, située au lieu-dit Harambeltz à Ostabat-Asme (Pyrénées-Atlantiques), fut construite à la fin du XIIe ou au XIIIe siècle. Elle était adossée à un hôpital médiéval fondé au XIe siècle, formant un prieuré-hôpital indépendant des confréries religieuses. Ce complexe, géré par quatre donats (Sala, Etxeberria, Borda, Etxeto) sous l'autorité d'un prieur, accueillait les pèlerins sur la voie romaine Bordeaux-Astorga et à la confluence des chemins de Compostelle, notamment le camino navarro.
L'hôpital est mentionné dès 1059 dans le testament de Loup-Eneco, vicomte de Baïgorry, puis dans des actes de 1106 et 1209. Contrairement aux établissements similaires, il dépendait directement des donats, qui choisissaient leur prieur — un notable local superviseur des curés voisins. Le dernier prieur, Jacques de Borda (mort en 1760), gérait les paroisses d'Uhart-Mixe et Arhansus. L'institution déclina au XVIIIe siècle : Louis XVI supprima les prieurés-hôpitaux en 1784, et la partie hospitalière, déjà abandonnée avant 1756, disparut après 1866.
La chapelle, classée Monument Historique en 2001, est un édifice rectangulaire (13x8 m) à vaisseau unique et chevet plat, avec un tympan roman orné d'un chrisme, d'une croix de Malte et d'une étoile. Son intérieur conserve un décor homogène du XVIIe siècle : voûte lambrissée peinte des Évangélistes, tribune à balustres, et un retable monumental dédié à saint Nicolas de Bari. Le porche à deux niveaux servait d'habitation, tandis que le clocher trinitaire, percé de deux baies, domine l'ensemble. Restaurée entre 2008 et 2010, elle reste un témoignage majeur de l'accueil des pèlerins au Moyen Âge.
Le site, situé sur le GR65 (classé à l'UNESCO), marquait aussi le départ d'un chemin secondaire vers le col d'Achurde, évitant les péages de l'Ostabarret. Les quatre maisons environnantes (Sala, Etxeberria, Borda, Etxeto) appartenaient aux donats, dont les descendants rachetèrent la chapelle comme bien national en 1795. Aujourd’hui, elle est copropriété de leurs héritiers. Aucune trace ne subsiste du prieuré ou de l’hôpital, mais le cimetière conserve des tombes anciennes.
La toponymie Harambeltz (ou Harambels), signifiant « vallée noire » en basque, évoque la forêt environnante. Le lieu est cité sous diverses formes depuis 1106 (Hospitale Sancti Nicolai de Arambels). La chapelle, bien que postérieure à l’hôpital, en perpétue la mémoire comme halte spirituelle et hospitalière sur les routes jacquaires.