Frise chronologique
milieu du XIIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
milieu du XIIe siècle (≈ 1250)
Création par l’abbaye Saint-Martial de Limoges.
1940
Fin de l’usage agricole
Fin de l’usage agricole
1940 (≈ 1940)
Cesse d’être un chai/grange.
1947
Restauration et culte rétabli
Restauration et culte rétabli
1947 (≈ 1947)
Retour à une fonction religieuse.
3 mai 2001
Classement monument historique
Classement monument historique
3 mai 2001 (≈ 2001)
Inscription officielle des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle (cad. AD 121) et les vestiges de l'ancien prieuré attenant en totalité (cad. domaine public, non cadastré, sous le sol du chemin rural desservant la chapelle) : inscription par arrêté du 3 mai 2001
Personnages clés
| Seigneur de Génissac - Donateur du terrain |
Offre le site après son croisade. |
| Abbaye Saint-Martial de Limoges - Fondatrice du prieuré |
Ordre bénédictin à l’origine du monument. |
| Abbaye de La Sauve-Majeure - Propriétaire ultérieur |
Acquiert le prieuré après sa fondation. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Nicolas de Génissac, située sur les bords de la Dordogne au Port de Génissac, est le dernier vestige d’un prieuré fondé vers le milieu du XIIe siècle par l’abbaye bénédictine Saint-Martial de Limoges. Ce prieuré fut établi sur un terrain offert par le seigneur local pour célébrer son retour de croisade, dans un lieu alors nommé port d’Ardesma ou des Ardezinars. Entourée d’un cimetière attesté dès le XIIe siècle, la chapelle romane, de plan rectangulaire (11 m x 5 m), présente des caractéristiques typiques de l’art roman : contreforts plats, porte en arc brisé, et trois fenêtres étroites aux arcs en plein cintre. Les chapiteaux, ornés de tresses de fougères, et les bases des colonnes à griffes témoignent d’un savoir-faire artisanal médiéval.
À une date indéterminée après sa fondation, le prieuré fut cédé à l’abbaye de La Sauve-Majeure, un établissement puissant en Aquitaine. Fonctionnant encore au XVIIIe siècle, il fut vendu comme bien national lors de la Révolution française. La chapelle, désacralisée, servit alors de chai et de grange jusqu’aux années 1940, avant d’être restaurée et rendue au culte en 1947. Les seuls vestiges du prieuré subsistants sont les montants d’une cheminée, visibles dans le mur sud. Classée monument historique en 2001, la chapelle illustre aujourd’hui la transition entre l’architecture romane et les réutilisations profanes des bâtiments religieux.
La chapelle se distingue par sa voûte en berceau brisé et son chevet plat, caractéristiques des petites églises rurales du XIIe siècle. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la Gironde, depuis son rôle initial dans la vie spirituelle locale jusqu’à sa reconversion agricole. La croix de pierre couronnant le pignon ouest rappelle son usage originel, tandis que les traces du cimetière médiéval soulignent son importance comme lieu de mémoire collective. La restauration du XXe siècle a permis de préserver ce patrimoine, désormais géré par une association diocésaine.