Frise chronologique
1120
Donation initiale
Donation initiale
1120 (≈ 1120)
Terres et cimetière donnés à l’abbaye Saint-Florent-le-Vieil.
1208
Rattachement de revenus
Rattachement de revenus
1208 (≈ 1208)
Partie des revenus de l’église paroissiale attribuée.
début XVIe siècle (vers 1524)
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
début XVIe siècle (vers 1524) (≈ 1604)
Financée par la famille de Kerveno.
1830
Modifications liturgiques
Modifications liturgiques
1830 (≈ 1830)
Installation d’un retable, bûchage des consoles.
XIXe siècle
Ajout de la sacristie
Ajout de la sacristie
XIXe siècle (≈ 1865)
Construction dans l’angle nord-est.
13 février 1928
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
13 février 1928 (≈ 1928)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Hervé (fils de Jagu) et Hervé (fils d’Eudon) - Donateurs initiaux (1120) |
Offrent terres et cimetière à Saint-Florent-le-Vieil. |
| Morvan - Évêque de Vannes (début XIIe siècle) |
Ratifie la donation de 1120. |
| Famille de Kerveno - Mécènes (début XVIe siècle) |
Finance la construction, armes sculptées. |
| Jehan Layec - Artisan ou donateur (1524) |
Mentionné dans l’inscription du chœur. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Nicolas-des-Eaux, située à Pluméliau dans le Morbihan, date du premier quart du XVIe siècle. Elle fut construite grâce aux dons de la famille de Kerveno, dont les armes ornent les sablières intérieures et extérieures. Une inscription dans le chœur, « JEHAN LAYEC FIST LE BOYS DE CESTE L'AN M Vc XXIIII » (1524), confirme cette période. Le monument adopte un plan en croix latine, avec un chevet plat éclairé par une baie à fleur de lys, et une porte sud en accolade. Des traces architecturales suggèrent l’existence projetée d’une chapelle seigneuriale au nord, jamais achevée.
La chapelle était à l’origine le siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye bénédictine Saint-Florent-le-Vieil de Saumur, comme en témoignent des donations datées de 1120 (terres, cimetière, moulin) ratifiées par Morvan, évêque de Vannes. Au fil des siècles, le prieuré passa sous l’autorité des abbayes de Saint-Sauveur de Redon puis de Saint-Gildas-de-Rhuys. À partir du XVIe siècle, des prêtres séculiers remplacèrent les moines comme abbés commanditaires. La chapelle devint alors une trêve de Pluméliau, statut ecclésiastique intermédiaire entre paroisse et simple chapelle.
L’édifice présente des particularités architecturales remarquables : un décrochement dans la toiture entre le transept et le bras sud, suggérant une campagne de construction légèrement postérieure, et des sablières sculptées de motifs naïfs dans le chœur et les transepts. Deux crânes encastrés dans le mur nord, ainsi qu’une porte géminée à l’ouest (typique du « portail morbihannais »), ajoutent à son mystère. En 1830, des modifications furent apportées pour installer un retable, dont subsistent quelques éléments (autel, tabernacle). Une sacristie fut ajoutée au XIXe siècle dans l’angle nord-est.
Classée Monument Historique par arrêté du 13 février 1928, la chapelle illustre l’héritage religieux et artistique de la Bretagne médiévale et moderne. Son histoire mêle donations seigneuriales, vie monastique, et adaptations liturgiques, tout en conservant des traces tangibles de ses transformations architecturales. La maçonnerie en moellon du mur sud pourrait témoigner d’un effondrement suivi d’une reconstruction, tandis que les pierres d’attente du carré du transept évoquent un jubé jamais réalisé.
Aujourd’hui propriété de la commune de Pluméliau-Bieuzy, la chapelle reste un témoignage précieux des liens entre noblesse locale (famille de Kerveno), clergé bénédictin, et communauté paroissiale. Son état de conservation, bien que marqué par des altérations (comme le bûchage des consoles du chevet en 1830), permet d’étudier l’évolution des pratiques religieuses et des techniques constructives en Bretagne entre le Moyen Âge et l’époque moderne.