Frise chronologique
1170-1190
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1170-1190 (≈ 1180)
Période attestée par les archives hospitalières.
XVIe siècle
Ruines de l'hospice
Ruines de l'hospice
XVIe siècle (≈ 1650)
L'hospice attitré tombe en ruine.
1696
Intervention de Pierre Bacqué
Intervention de Pierre Bacqué
1696 (≈ 1696)
Sculpteur travaillant dans la chapelle.
19 mai 1863
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
19 mai 1863 (≈ 1863)
Sur initiative d'Achille Jubinal.
1873-1878
Restauration controversée
Restauration controversée
1873-1878 (≈ 1876)
Travaux dirigés par Durand puis Lafollye.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle d'Agos : classement par arrêté du 19 mai 1863
Personnages clés
| Achille Jubinal - Député des Hautes-Pyrénées (1852-1870) |
Initiateur du classement en 1863. |
| Pierre Bacqué - Sculpteur (actif en 1696) |
Intervient dans la chapelle à Bourisp. |
| Durand - Architecte diocésain (1801-1882) |
Dirige les premières restaurations (1873-1875). |
| Lafollye - Architecte (actif en 1878) |
Termine les travaux après Durand. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Pierre d'Agos, située à Vielle-Aure dans les Hautes-Pyrénées, est un édifice roman construit entre les XIe et XIIe siècles. Elle dépendait de la commanderie d'Aure, liée à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et servait d'hospice pour les pèlerins empruntant un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son architecture sobre, marquée par une nef unique et une abside semi-circulaire, intègre des éléments sculptés comme un chrisme sur le portail et des modillons ornés de visages stylisés. Le sol, dallé en opus incertum, et les pierres d'appareil irrégulier contrastent avec les éléments plus travaillés (arcs, pilastres, corniche), révélant une construction utilitaire mais symbolique.
Classée Monument Historique le 19 mai 1863 à l'initiative du député Achille Jubinal, la chapelle était alors en ruine. Les premiers travaux de restauration (1873-1875), dirigés par l'architecte Durand, furent interrompus en raison de malfaçons, puis repris par Lafollye jusqu'en 1878. Le clocheton, absent à l'origine, fut ajouté après le classement. Les archives mentionnent l'intervention du sculpteur Pierre Bacqué en 1696, mais l'hospice attitré était déjà en ruines dès le XVIe siècle. La chapelle illustre ainsi l'évolution des pratiques de préservation patrimoniale au XIXe siècle, tout en témoignant de son rôle passé dans l'accueil des voyageurs.
Associée à un réseau de commanderies hospitalières, la chapelle d'Agos s'inscrit dans le maillage religieux et caritatif médiéval des Pyrénées. Son emplacement stratégique, près d'un itinéraire jacquaire, en faisait une étape clé pour les pèlerins traversant la région. Les trois baies du chevet, symbolisant peut-être la Trinité, et les contreforts structuraux reflètent une architecture à la fois fonctionnelle et chargée de sens. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées, ont permis sa sauvegarde, tout en altérant partiellement son authenticité médiévale.
Les matériaux utilisés — pierres dures à appareil irrégulier — et la technique de dallage en opus incertum rappellent les ressources locales et les savoir-faire artisanaux de l'époque. La chapelle, propriété communale depuis son classement, reste un exemple remarquable du patrimoine roman pyrénéen, mêlant histoire hospitalière, art religieux et mémoire des chemins de pèlerinage. Son état de conservation actuel et son ouverture au public perpétuent ce double héritage, à la fois spirituel et architectural.