Origine et histoire de la Chapelle Saint-Pierre
Située au fond d'un vallon, à environ 2,5 km du bourg de Plogonnec, la chapelle Saint-Pierre est accessible par la route de Plogonnec au Juch. Bâtie en magnifiques pierres de taille, elle présente un plan en croix latine et relève du XVIe siècle. Le clocher, en forme de lanternon à trois dômes, appartient au registre Renaissance et affiche une décoration soignée ; il est accompagné d'une tourelle détachée reliée par une passerelle à la plate-forme, aux angles de laquelle apparaissent des canons de granit. La porte, surmontée d'un fronton triangulaire, est encadrée de deux colonnes ioniques cannelées portant un tambour feuillagé posé sur une base carrée. L'édifice est particulièrement riche en inscriptions précises. Il succède à un sanctuaire tombé en ruines ; à proximité subsiste la maison du chapelain, dont la porte en accolade porte la date de 1570. La construction, commencée en 1588, s'est poursuivie selon diverses dates portées, l'essentiel relevant de la fin du XVIe siècle et du début du siècle suivant. Certains compléments ou restaurations sont datés de 1674 pour la façade nord et la sacristie, et de 1759-1765 pour la tourelle et le dôme. Les inscriptions indiquent par ailleurs des phases de construction précises : bras, chevet et nef (1588, 1594) ; mur ouest et base de la tour (1614, 1627) ; partie haute de la tour (1765, 1769) ; sacristie (1674). Quinze inscriptions portent les noms de fabriciens ou de prêtres, parmi lesquels Belinger, Lagallay, Quernaleguen, Queo, Map, Ioncour, Peron, Mocaer, Nihouarn, Le Henaff, Ledoare, Aomine, Cosmao, ainsi que d'autres noms tels que Claudius et Nemeus. Le maître-autel, en granit et daté du XVIIIe siècle, est décoré de frises d'oves interrompues par des têtes humaines ; il est orné d'angelots portant des bouquets et de deux figures féminines, l'une blonde et l'autre brune, drapées et voilées, tenant des encensoirs en bois. L'ensemble des sablières est entièrement sculpté et les sabots apparents de la charpente de la croisée du transept représentent les quatre évangélistes, un ensemble assez unique dans la région. La croix monumentale, datée de 1644, est sculptée par Roland Doré.