Frise chronologique
1er quart XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
1er quart XIe siècle (≈ 1125)
Hypothèse de la première église, arcatures visibles.
XIIe siècle
Construction probable du transept
Construction probable du transept
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman avec tour et croisée.
Période de la guerre de Cent Ans (XIVe-XVe siècle)
Fortification du monument
Fortification du monument
Période de la guerre de Cent Ans (XIVe-XVe siècle) (≈ 1550)
Ajout de mâchicoulis, échauguettes et meurtrières.
1735
Règlement entre deux églises
Règlement entre deux églises
1735 (≈ 1735)
Partage des offices avec Notre-Dame des Montiers.
1794-1795
Utilisation comme atelier de salpêtre
Utilisation comme atelier de salpêtre
1794-1795 (≈ 1795)
Désaffectation pendant la Révolution.
1796
Bataille contre les Chouans
Bataille contre les Chouans
1796 (≈ 1796)
Refuge et citadelle républicaine.
1799
Destruction de la nef
Destruction de la nef
1799 (≈ 1799)
État dégradé entraînant sa démolition.
20 avril 1944
Classement monument historique
Classement monument historique
20 avril 1944 (≈ 1944)
Protection officielle de l'édifice.
Années 1960
Restauration et suppression des aménagements
Restauration et suppression des aménagements
Années 1960 (≈ 1960)
Retour à l'aspect du XVIIIe siècle.
Années 1980
Découverte de la flèche en maçonnerie
Découverte de la flèche en maçonnerie
Années 1980 (≈ 1980)
Restauration partielle du clocher.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle : classement par arrêté du 20 avril 1944
Personnages clés
| Louis de Frotté - Chef chouan |
Ataque Tinchebray en 1796. |
| Abbé Groussard - Religieux local |
Demande la réaffectation cultuelle en 1868. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Rémi de Tinchebray, située dans le département de l'Orne en Normandie, est une ancienne église romane fortifiée construite probablement au XIIe siècle, avec des traces remontant au 1er quart du XIe siècle. Elle a été remaniée pendant la guerre de Cent Ans, où ses éléments défensifs, comme les échauguettes et les mâchicoulis, ont été ajoutés. De l'édifice originel, seuls le transept et le chevet plat subsistent aujourd'hui, la nef ayant disparu après 1799. La chapelle, classée monument historique en 1944, conserve des peintures murales médiévales et une structure architecturale unique, mêlant fonctions religieuse et militaire.
Pendant la Révolution française, la chapelle a joué un rôle clé lors de la bataille de 1796 contre les Chouans. Transformée en refuge pour les habitants et en citadelle pour les républicains, elle a résisté à l'assaut des troupes royalistes de Louis de Frotté. Après cet épisode, elle a servi de prison puis d'atelier de salpêtre avant d'être partiellement détruite en 1799. Les aménagements intérieurs du XIXe siècle, comme un plancher et un escalier extérieur, ont été supprimés lors des restaurations des années 1960 pour retrouver son aspect d'origine.
La chapelle Saint-Rémi illustre aussi la rivalité entre deux lieux de culte à Tinchebray : elle a longtemps coexisté avec l'église paroissiale Notre-Dame des Montiers, partageant les offices et les cérémonies selon un règlement établi en 1735. Malgré sa désaffectation pendant la Révolution, elle a été réhabilitée au XXe siècle, avec la découverte d'une flèche en maçonnerie lors des travaux des années 1980. Aujourd'hui, elle reste un témoignage architectural des transformations liées aux conflits et aux besoins communautaires, du Moyen Âge à l'époque moderne.
Les caractéristiques architecturales de la chapelle incluent une tour romane surmontée d'une flèche de charpente, des voûtes sur croisées d'ogives, et des baies remaniées. Le bras nord du transept, fortifié, présente des échauguettes à archères, tandis que le bras sud est couvert d'une toiture en appentis. À l'intérieur, les murs badigeonnés de blanc contrastent avec les piliers et arcs en pierre apparente, et trois peintures murales du XVe siècle, représentant saint Martin, saint Joseph et une charité de saint Martin, rappellent son usage religieux initial.
La chapelle a également été un enjeu de propriété entre la fabrique (institution ecclésiastique) et la municipalité après la Révolution. En 1868, une demande des habitants a relancé l'idée de sa réaffectation au culte, bien que les disputes sur sa gestion aient persisté. Son classement en 1944 a marqué sa reconnaissance patrimoniale, et les restaurations ultérieures ont visé à préserver ses éléments médiévaux, tout en supprimant les ajouts postérieurs jugés inadaptés.
Enfin, la chapelle Saint-Rémi incarne un patrimoine à la fois religieux et militaire, reflétant les bouleversements historiques de la Normandie. Son rôle pendant les conflits, sa double vocation cultuelle et défensive, et ses transformations architecturales en font un monument emblématique de l'adaptation des édifices médiévaux aux besoins changeants des communautés locales.