Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Fondation et sculpture des modillons.
1559 (ou vers 1569)
Incendie par les troupes d'Arros
Incendie par les troupes d'Arros
1559 (ou vers 1569) (≈ 1569)
Destruction partielle pendant les conflits.
Fin XVIe siècle
Reconstruction de la couverture
Reconstruction de la couverture
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Restauration post-incendie.
1789
Conversion en fenil
Conversion en fenil
1789 (≈ 1789)
Utilisation agricole pendant la Révolution.
1852-1853
Campagne de restauration
Campagne de restauration
1852-1853 (≈ 1853)
Réhabilitation après délabrement.
1986
Inscription à l'ISMH
Inscription à l'ISMH
1986 (≈ 1986)
Protection patrimoniale officielle.
1989
Découverte de la porte romane
Découverte de la porte romane
1989 (≈ 1989)
Restauration du tympan à chrisme.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Saint-Saturnin-de-Jouers (cad. A 357) : inscription par arrêté du 12 décembre 1986
Personnages clés
| Florence - Donatrice présumée |
Mentionnée dans l’inscription *FLORENCIAFECI*. |
| D'Arros - Chef des troupes incendiaires |
Responsable de l’incendie en 1559/1569. |
Origine et histoire
La chapelle Saint-Saturnin de Jouers, située à Accous dans la vallée d'Aspe, est un édifice religieux du XIIe siècle, considéré comme la plus ancienne église de cette région. Elle se distingue par ses 11 modillons sculptés d’une qualité rare pour un petit édifice rural, représentant des scènes bibliques comme Jonas, l’Agneau pascal, ou Abraham. Deux inscriptions sur ces modillons, dont ABRAAM et FLORENCIAFECI AGNUSD'ITFACERE, suggèrent le nom d’une donatrice, Florence, et confirment la datation du XIIe siècle. La chapelle, placée sous le vocable de Saint-Saturnin, était une halte sur le chemin des pèlerins entre Oloron et le Somport, peut-être fondée grâce à la libéralité de cette noble dame dévouée à leur service.
La chapelle a connu plusieurs périodes de destruction et de reconstruction. Incendiée en 1559 (ou vers 1569) par les troupes d’Arros, comme beaucoup d’églises de la vallée d’Aspe, elle fut partiellement reconstruite à la fin du XVIe siècle, puis restaurée au XVIIe siècle. À la Révolution (1789), elle fut convertie en fenil, avant d’être réhabilitée entre 1852 et 1853 face à son état de délabrement. En 1986, elle fut inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (I.S.M.H.), et des travaux en 1989 révélèrent l’emplacement de la porte romane sud et son tympan à chrisme. Son architecture, à nef unique prolongée d’une abside semi-circulaire, inclut un clocher-mur sur le pignon ouest et une sacristie ajoutée ultérieurement.
Les éléments architecturaux notables incluent un portail en plein cintre sur la façade sud, une frise de billettes au-dessus des modillons, et un petit édicule quadrangulaire récent abritant la cloche. La chapelle, propriété de la commune d’Accous, témoigne à la fois de l’art roman rural et des aléas historiques de la vallée d’Aspe, entre pèlerinages médiévaux, conflits religieux, et restaurations modernes. Son inscription au patrimoine protège aujourd’hui ce vestige médiéval, symbole du passé spirituel et culturel de la région.